Olivier Bouygues jugé pour braconnage d’espèces protégées en France.

Un milliardaire face à la justice : Olivier Bouygues jugé pour braconnage d’espèces protégées

Un milliardaire face à la justice : Olivier Bouygues jugé pour braconnage d’espèces protégées

7 septembre 2026 à 09h27
Mis à jour le 7 septembre 2026 à 11h51
Durée de lecture : 4 minutes

Lundi 7 septembre, le tribunal correctionnel d’Orléans a convoqué le milliardaire Olivier Bouygues, ainsi que cinq employés de son domaine privé dans le Loiret, pour des accusations de braconnage d’espèces protégées. Les prévenus encourent jusqu’à 750 000 euros d’amende et sept ans de prison, tout en étant présumés innocents.

Le château de Fontenaille, acquis par Olivier Bouygues en 2002, s’étend sur 600 hectares à La Ferté-Saint-Aubin. Héritier de la famille Bouygues, il a dirigé le groupe éponyme, actif dans les télécommunications, le BTP et les médias, jusqu’en 2020. Passionné de chasse, il utilise ce domaine pour ses activités de tir.

L’enquête a été déclenchée le 25 mars 2025, suite à une lettre anonyme adressée à l’Office français de la biodiversité (OFB). Cette lettre indiquait qu’un charnier contenant des cadavres d’animaux protégés était présent sur la propriété. Les enquêteurs ont retrouvé des restes de buses, de grands cormorans, d’aigrettes et de faucons.

Le parquet d’Orléans a ouvert une enquête le 12 mai 2025, en collaboration avec l’OFB et la gendarmerie. Lors de la perquisition de la propriété, des armes de chasse interdites, du poison, et une centaine de pièges à mâchoire ont été découverts. Un élevage illégal de sangliers, comptant environ 500 animaux sur un espace de 160 hectares, a également été mis en évidence, alors que la réglementation exige une surface d’un hectare par animal.

Des documents de chasse ont été saisis, classant certaines espèces protégées comme nuisibles, avec des primes allant jusqu’à 2 000 euros par an pour leur abattage.

Les destructions d’espèces protégées se seraient étendues sur plusieurs années, touchant des centaines d’animaux, y compris des chats sauvages et des hérissons. Un rapport des enquêteurs indique qu’Olivier Bouygues ne peut ignorer ces pratiques. Bien qu’il ait nié les infractions, il a reconnu valider les dépenses de son régisseur, y compris celles liées aux primes pour l’abattage des nuisibles.

Les employés d’Olivier Bouygues ont pour leur part admis plusieurs des infractions, justifiant leurs actions par la protection de l’élevage de gibier.

L’affaire a attiré l’attention de nombreuses associations de défense animale, qui se sont portées parties civiles. Le procès, initialement prévu pour une journée en mars, a été prolongé sur deux jours en septembre. Les parties civiles dénoncent l’ampleur de la destruction et plaident pour que cette affaire puisse établir une jurisprudence concernant la protection des espèces.

Pour Aimée Kleiman, avocate de l’ASPAS, l’objectif est de demander réparation pour le préjudice écologique causé. Le braconnage, bien que courant en France, reste peu souvent sanctionné par la justice.

Source : Reporterre

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