Olivier Bouygues contesté pour destruction d’espèces protégées : un procès qui interroge
Le milliardaire Olivier Bouygues est actuellement jugé pour destruction d’espèces d’oiseaux protégées sur son domaine de chasse en Sologne. Ce lundi, il a nié toute responsabilité dans des faits qualifiés d’« extrême gravité » par le ministère public. « J’ai d’autres chats à fouetter », a-t-il déclaré, exprimant son « choc » face à l’ouverture d’une enquête l’année dernière.
À la suite d’une dénonciation anonyme, les enquêteurs ont découvert sur le domaine de Fontenaille, s’étendant sur 650 hectares à La Ferté-Saint-Aubin (Loiret), des cadavres d’animaux en décomposition avancée, selon un témoin de l’Office français de la biodiversité (OFB). Les images diffusées lors de l’audience ont révélé un charnier comprenant des faucons crécerelles, des grandes aigrettes, des busards, des buses variables et des grands cormorans. Bien que Bouygues ait affirmé n’avoir « jamais vu » ce charnier, il a reconnu en connaître l’existence, qualifiant cela de « fosse écologique ».
Olivier Bouygues, fils de Francis Bouygues, fondateur du groupe du BTP, des télécoms et des médias, se présente devant la justice avec cinq coaccusés, dont des gardes-chasses et le régisseur de son domaine.
Outre les oiseaux, des chats et un écureuil roux ont été tués. Les enquêteurs ont également retrouvé des armes, une pelleteuse et une centaine de pièges à mâchoires, interdits depuis 1995. Des documents indiquant les espèces à abattre et les destructions réalisées ont été découverts, avec des primes d’environ 100 euros versées pour chaque animal abattu.
La chasse aux animaux qualifiés de « nuisibles » est perçue comme une pratique ancrée en Sologne, prisée par les grandes fortunes. Le régisseur du domaine, Hugo H., a évoqué des « pratiques ancestrales » et a tenté de justifier les actions comme une « régulation d’espèces menaçantes ». Il a également admis avoir détruit des livrets de chasse le matin de la perquisition, « par panique ».
Malgré les déclarations de certains prévenus, tous ont nié la responsabilité de Bouygues dans les destructions. La plupart des prévenus, dont le régisseur, ont affirmé avoir obtenu des certifications relatives au bien-être animal. Le président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), Allain Bougrain-Dubourg, a qualifié cette situation d’« inédite », pointant du doigt les personnes riches qui s’exonèrent du respect de la biodiversité.
Les faits sont jugés « d’une extrême gravité » par la procureure de la République d’Orléans, Emmanuelle Bochenek-Puren, qui a qualifié le signalement anonyme de « lanceur d’alerte ». Cinq des six prévenus sont présents à l’audience, encourant jusqu’à sept ans d’emprisonnement et 750 000 euros d’amende. Les plaidoiries et le réquisitoire sont attendus mardi.
Source : Le Télégramme.

