Oligui Nguema face à la SEEG au CDM Jean Violas : tout ce qu’il faut savoir
Convoqués ce lundi 29 juin, les agents de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) ont eu un échange de près de trois heures avec le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, au Centre des métiers (CDM) Jean Violas d’Owendo. Le chef de l’État, répondant à leur propre invitation, a dénoncé ce qu’il qualifie de « sabotage » interne, tout en apaisant les rumeurs d’arrestation qui circulaient depuis le matin.
La journée a débuté dans un climat tendu, marqué par la présence des forces de l’ordre autour des sites de la SEEG à Libreville, alimentant des spéculations sur des arrestations. En réalité, ce dispositif visait à transporter les agents vers Jean Violas, suite à un appel du Syndicat national des travailleurs du secteur de l’eau et de l’électricité (SYNTEE+) pour un « dialogue franc, direct et sans intermédiaire ».
Les agents ont été évacués de leurs bureaux de manière organisée, embarqués dans des camions militaires appelés « Veléras ». Ils ont été mobilisés dès 10 ou 11 heures, attendant l’arrivée du président à 14 heures pour une discussion qui s’est conclue vers 17 heures. Oligui Nguema a précisé avoir demandé aux militaires de procéder « poliment » et « discrètement », déclarant qu’il ne souhaitait pas les recevoir au palais.
Lors de cet échange, Oligui Nguema a rappelé sa promesse de campagne, affirmant que « l’eau, l’électricité, le chômage et la vie chère » sont ses principaux ennemis. Il a évoqué un investissement de 35 milliards de francs CFA depuis le 30 août dans des groupes et transformateurs, tout en critiquant l’inefficacité des équipements importés d’Inde, restés inutilisés à cause de la résistance au changement au sein de l’entreprise.
Le président a exprimé son étonnement face à des incidents techniques, tels que la confusion entre eau et gasoil, et a insisté sur la responsabilité des agents, déclarant : « C’est vous le problème. Ce n’est pas moi. » Les agents, de leur côté, ont reconnu la nécessité d’un changement de culture managériale pour un redressement durable de la SEEG.
Oligui Nguema a également pointé du doigt le commerce illégal de l’eau, suggérant que certains agents n’avaient pas intérêt à rétablir l’approvisionnement en eau au robinet. Sur le plan social, il a remis en question la légitimité d’une entreprise sans recettes réclamant un treizième mois.
La présidence a ensuite diffusé un communiqué, soulignant que la rencontre avait été organisée à la demande des agents et qu’elle représentait une « gouvernance de proximité » axée sur l’écoute et le dialogue. Oligui Nguema a réaffirmé que l’accès à l’eau et à l’électricité est un « droit fondamental » et a visité les ateliers du centre, soulignant leur rôle dans la modernisation du secteur.
Enfin, il a proposé des solutions à court terme, comme le recours à des centrales thermiques à gaz, dont les premières unités devraient être livrées en juillet 2027 à Libreville et à Port-Gentil. Les agents, pour leur part, ont exprimé des critiques concernant le management actuel et la qualité des conseils reçus.
Cette rencontre, qui a mis en lumière les dysfonctionnements au sein de la SEEG, pourrait être déterminante pour l’avenir de cette entreprise essentielle au Gabon.
Source : Gabonreview.com
