Oligui Nguema à Paris : Les Écologistes dénoncent le soutien français à un régime « autoritaire »
À l’occasion de la visite d’État du président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema en France, le parti français Les Écologistes a exprimé, le 20 juillet, sa vive opposition à la décision des autorités françaises d’accorder les plus hauts honneurs de la République au chef de l’État gabonais. Dans un communiqué, Aminata Niakaté, porte-parole du parti, a souligné que le régime issu du coup d’État d’août 2023 s’est éloigné de ses engagements en matière de démocratie, de libertés publiques et d’État de droit.
Les Écologistes ont exprimé leur « profonde inquiétude » quant à ce qu’ils considèrent comme un soutien tacite de Paris à un régime dont les pratiques politiques sont de plus en plus critiquées. Ils rappellent que les militaires qui ont renversé Ali Bongo Ondimba avaient justifié leur intervention par la volonté de restaurer les institutions démocratiques et de rendre le pouvoir aux civils. Près de trois ans après, ils estiment que « ces promesses ont été largement trahies ».
Le parti affirme que la période de transition n’a pas renforcé les institutions démocratiques, mais a plutôt consolidé un pouvoir centré autour du général Oligui Nguema. Ils dénoncent également des violations de la Charte de la Transition et des controverses entourant le Dialogue national inclusif, ainsi que les conditions d’organisation des élections.
Les Écologistes soulignent le résultat du scrutin présidentiel, où Oligui Nguema a obtenu près de 95 % des voix face à sept adversaires, un score suscitant des interrogations sur la transparence et l’équité du processus électoral. Ils affirment que « le pouvoir issu du coup d’État a consolidé son propre pouvoir », affaiblissant ainsi le pluralisme politique.
Le communiqué met également en avant une « inquiétante dérive autoritaire » au Gabon, citant des détentions arbitraires de personnalités politiques et syndicales, des restrictions sur les libertés de réunion et de manifestation, ainsi que la suspension des réseaux sociaux depuis le 17 février. Ils condamnent l’incarcération d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, ancien Premier ministre, et évoquent l’exil de plusieurs opposants.
Les Écologistes critiquent également la situation économique et sociale du Gabon, affirmant que les promesses de rupture avec les pratiques de l’ancien régime restent « largement lettre morte ». Ils soulignent des difficultés persistantes en matière de coût de la vie, d’accès à l’eau potable et aux soins de santé.
Le parti appelle le gouvernement français à « changer de cap », estimant que la France risque d’être perçue comme « le principal soutien international » du pouvoir gabonais. Ils demandent à Paris de soutenir le pluralisme démocratique et de conditionner la coopération franco-gabonaise au respect des droits humains et à la lutte contre la corruption.
Les Écologistes réaffirment leur « solidarité avec le peuple gabonais » et plaident pour une coopération fondée sur la justice sociale et la transparence dans la gestion des ressources naturelles.
Source : Gabonreview.com