Reportage : Entre vacances au rabais et factures impayées, dans l’Oise, la flambée des carburants pèse encore sur les ménages et les entreprises
Quatre mois après la flambée des carburants liée à la guerre en Iran, franceinfo est retourné à la rencontre des habitants de l’Oise. Malgré un léger reflux des prix, les difficultés du quotidien restent bien présentes.
Alexandrine, infirmière libérale, témoigne à la terrasse d’un café dans la zone d’activité commerciale de Beauvais. Les habitants de l’Oise, au nord de Paris, continuent de ressentir les effets de la hausse des prix des carburants. Actuellement, le sans-plomb 95 se vend en moyenne à 1,90 euro le litre et le gazole à 1,88 euro, après avoir atteint 2,30 euros en mars 2026.
Entre deux visites de patients, Alexandrine montre un carnet dans lequel elle a noté le prix de chaque plein d’essence depuis novembre 2026. Avec son véhicule hybride, elle dépensait 237 euros par mois en novembre 2025, un montant qui a grimpé à 322 euros en avril 2026. « Il y a quelques années, on vivait bien. Actuellement, on se retrouve à faire des budgets pour tout », explique-t-elle. Pour les vacances, elle ne partira qu’une semaine au lieu de deux, choisissant un camping à Saint-Valéry, à 1h30 de chez elle, plutôt qu’un gîte en Dordogne.
Kevin, propriétaire d’une boulangerie à Saint-Just-en-Chaussée, a également dû adapter ses habitudes. Pour économiser sur le carburant, il dort plusieurs nuits par semaine dans un studio au-dessus de sa boulangerie. Il se chauffe au fuel, tout comme ses fours à pain. « On a fait un premier plein fin février pour 2 000 litres à environ 2 100 euros », dit-il. Malgré les hausses, il estime que le fuel reste moins cher que l’électricité.
D’autres entreprises rencontrent des difficultés similaires. Bogdan Dobré, patron d’une société de transport, a vu sa trésorerie fondre de 70%. Il a dû augmenter ses tarifs, mais peine à convaincre ses clients de payer plus cher. « En grande majorité, les clients n’ont pas payé et on a supporté cette inflation en réduisant la voilure », explique-t-il.
Quant à l’aide gouvernementale de 5 000 euros, elle est jugée insuffisante par Dobré, qui dépense 120 000 euros par mois en gazole. Il craint de devoir réduire son personnel pour maintenir l’activité.
La situation reste tendue pour de nombreux ménages et entreprises dans l’Oise, où la flambée des carburants continue de peser lourdement sur les budgets.
Source : franceinfo
