Nuits africaines en Centrafrique : le célèbre bar-dancing ABC de Bangui
De notre correspondant à Bangui — Le bar-dancing ABC, situé au quartier du Km5 dans le troisième arrondissement de Bangui, est reconnu comme le berceau de la musique centrafricaine moderne, ayant émergé des années 1960 jusqu’au début des années 2000. Ce lieu emblématique a longtemps été un centre névralgique de l’animation nocturne de la capitale, attirant chaque soir les habitants pour des performances en direct des premiers orchestres de la musique centrafricaine.
Lorsque le soleil se couche derrière les collines du Bas-Oubangui, Ahmadou Ahmaxon Djahmey, ancien sportif, se tient au bord de la route, contemplant les lumières qui s’allument devant le bâtiment. Les parfums de viande grillée, les sonorités des guitares électriques et le rythme des batteries évoquent une ambiance nostalgique. Ahmadou se souvient : « Au Congo-Kinshasa, il y avait un bar qui s’appelle ABC, où jouaient les grands orchestres de l’époque. C’était ainsi que Thierry ABC a eu l’idée de créer notre ABC. »
Le bar-dancing ABC a fonctionné comme un incubateur culturel, offrant une scène aux anciennes gloires de la musique centrafricaine. Les artistes y ont trouvé leur première audience, et les orchestres, leur premier public. « On dit que le grand ABC est la Terre d’ambiance. C’est ce qui a fait que l’ambiance était unique », ajoute Ahmadou, le sourire empreint de nostalgie.
Chaque week-end, de nombreux Banguissois se retrouvaient à l’ABC pour écouter de la musique, découvrir de nouveaux orchestres, et profiter d’une atmosphère festive. Alex Ballu, promoteur culturel, se souvient : « ABC, c’était un carrefour, le centre de l’ambiance. Il fallait y aller pour danser au son des musiques de l’icône de la musique centrafricaine, le défunt Thierry Yaso. »
Aujourd’hui, après plusieurs crises traversées par le pays, le bâtiment a été transformé en dépôt de marchandises. Malgré ce changement, de nombreux Centrafricains et étrangers continuent de visiter ce lieu chargé d’histoire et de souvenirs.
Source : RFI


