Nouveau service militaire : Macron honore un résistant fusillé à 16 ans
Emmanuel Macron a inauguré ce mardi la première promotion de volontaires du nouveau service militaire national en lui attribuant le nom de Henri Fertet, un résistant exécuté à l’âge de 16 ans en 1943. Cette initiative vise à rendre hommage aux héros ayant contribué à la libération de la France.
Lors d’une cérémonie sur la base aérienne 115 à Orange, dans le Vaucluse, le président a affirmé que le choix de Fertet, qui a servi la France et défendu sa liberté, résonne avec l’engagement des jeunes volontaires. Il a également annoncé que chaque promotion porterait le nom d’un compagnon de la Libération.
Henri Fertet, né le 27 octobre 1926, était un lycéen à Besançon. Passionné d’histoire et d’archéologie, il a rejoint la Résistance à l’été 1942. Après avoir participé à plusieurs opérations, il a été arrêté, torturé pendant 87 jours, condamné à mort et fusillé le 26 septembre 1943. Ce nouveau service militaire remplace le service national universel (SNU) et constitue l’un des derniers projets majeurs de Macron avant son départ de l’Élysée au printemps prochain.
Dans le contexte actuel de tensions en Europe, exacerbées par l’invasion de l’Ukraine par la Russie, ce service est présenté comme un moyen de renforcer le lien entre la nation et les forces armées, tout en répondant aux besoins militaires. Cependant, les jeunes recrues ne seront pas envoyées dans des zones de conflit.
Macron a souligné l’importance de la liberté dans les mots de Fertet, qui écrivait dans sa dernière lettre à ses parents : « je veux une France libre et des Français heureux ». Il a rappelé que parmi les 1 038 compagnons de la Libération, une centaine étaient âgés de moins de 20 ans.
Le premier mois de service sera consacré à la formation initiale, suivie de neuf mois d’insertion dans les différentes branches militaires. Le président a insisté sur l’apprentissage du sens du collectif, en plus des compétences militaires.
Pour cette année, 3 000 volontaires sont attendus, avec un objectif de 4 000 pour l’année prochaine, et 10 000 d’ici 2030, accompagné d’un budget de 2,3 milliards d’euros pour développer les infrastructures nécessaires. Contrairement à l’ancien service militaire, le nouveau dispositif est non obligatoire et s’adresse aux jeunes de 18 à 25 ans, qui recevront une rémunération d’environ 800 euros par mois s’ils sont sélectionnés. Selon l’Élysée, la première année a vu un taux de féminisation d’environ 30 %, légèrement supérieur à la moyenne des armées.
Source : Le Progrès.

