Nouveau congé de naissance : le piège qui attend les salariés les mieux payés

Nouveau congé de naissance : le piège qui attend les salariés les mieux payés

Le nouveau congé de naissance, qui entrera en vigueur en janvier 2026, promet d’être plus avantageux que l’actuel congé parental. Chaque parent pourra prendre jusqu’à deux mois de congé, indemnisés à hauteur de 70 % du salaire le premier mois et 60 % le second. Cependant, à l’approche de sa mise en œuvre, des inquiétudes émergent concernant la complexité du calcul des indemnités.

L’indemnisation ne sera pas calculée sur l’intégralité du salaire. En effet, elle sera plafonnée au plafond mensuel de la Sécurité sociale, fixé à 4 005 euros par mois. Par conséquent, les salariés à hauts revenus pourraient se retrouver avec un écart significatif entre leur salaire habituel et les indemnités perçues. Soléna Busson-Mars, porte-parole de l’ANDRH, souligne que la question de l’indemnisation est celle qui préoccupe le plus les futurs parents.

Le congé de naissance pourra être pris après les congés maternité, paternité ou d’adoption. L’indemnisation sera calculée sur la base des trois derniers mois de rémunération, mais le plafond de 4 005 euros signifie qu’un salarié gagnant 5 000 euros nets par mois ne recevra pas d’indemnisation sur la totalité de son salaire.

Au-delà de ce plafond, le taux de remplacement réel commence à diminuer. Pour un parent gagnant 5 000 euros nets par mois, par exemple, la perte de revenus sur deux mois pourrait approcher 4 800 euros. Pour ceux gagnant 6 000 euros, le manque à gagner pourrait dépasser 6 800 euros.

Les premières interrogations se font déjà sentir dans certaines entreprises. Des cadres commencent à se renseigner sur l’impact financier du dispositif, et certains pourraient choisir de ne prendre qu’un mois de congé au lieu de deux pour limiter la perte de revenus.

En réponse à ces préoccupations, certaines entreprises pourraient envisager des accords collectifs pour compléter les indemnités de la Sécurité sociale. Cependant, aucune obligation légale n’existe actuellement pour ces compléments.

Malgré ces préoccupations, l’ANDRH considère que le nouveau congé de naissance représente une avancée pour le partage de la parentalité et l’égalité professionnelle. L’organisation observe un intérêt croissant des pères pour ce nouveau droit, ce qui pourrait signaler une évolution positive dans les pratiques de parentalité.

Le succès de ce dispositif dépendra largement de son coût réel pour les familles et de l’attractivité de l’indemnisation proposée.

Source : Capital

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