Des usines à l’arrêt en raison de la sécheresse sur le Danube
La sécheresse persistante qui frappe l’Europe de l’Est a conduit à des mes drastiques, notamment l’arrêt partiel de la production dans plusieurs centrales hydroélectriques et nucléaires. En Serbie, les deux centrales hydroélectriques Djerdap 1 et 2 fonctionnent à seulement 20 et 30 % de leur capacité. En Roumanie, l’armée a été contrainte de détruire un rocher dans le lit du fleuve pour permettre un meilleur débit d’eau vers la centrale nucléaire de Cernavoda, qui pourrait bientôt être mise à l’arrêt si les niveaux d’eau ne remontent pas.
Les gouvernements de Roumanie et de Hongrie ont lancé des appels à l’économie d’énergie. En réponse, le groupe pharmaceutique Richter a annoncé une réduction de 50 % de sa production, tandis que Ford et Dacia ont suspendu leurs activités en Roumanie jusqu’au 19 août, entraînant une baisse de consommation de 200 mégawatts en une seule journée. À Budapest, la municipalité a également décidé de couper l’éclairage nocturne des monuments pour réduire la consommation d’électricité, ce qui a permis une diminution de 500 mégawatts par rapport à la normale.
La situation est d’autant plus préoccupante pour l’agriculture, avec des alertes d’état d’urgence dans plusieurs villes de Voïvodine, en Serbie, où le système d’irrigation est presque à sec, menaçant la récolte de maïs.
Le Danube, le plus long fleuve d’Europe de l’Ouest, subit une sécheresse historique, affectant gravement l’économie des pays qu’il traverse. Selon Simon Gerhards-Iglesias, de l’institut IW de Cologne, cette sécheresse a débuté plus tôt que d’habitude, touchant l’ensemble des grands fleuves européens.
La navigation intérieure est particulièrement impactée, avec des bateaux de croisière quasiment à l’arrêt et des péniches ne pouvant transporter que 250 à 300 tonnes de marchandises au lieu de leur capacité normale de 1 000 tonnes. Ulf Meinel, de l’organisation Viadonau, précise que des travaux sont en cours pour approfondir le chenal et améliorer la navigation, mais ces mes ne suffisent pas à dissiper les incertitudes liées au réchauffement climatique.
Une étude de l’Université des ressources naturelles et des sciences de la vie (BOKU) de Vienne prévoit que le nombre de jours où le Danube ne sera pas navigable pourrait augmenter de 80 % d’ici 2050.
Les conséquences économiques de cette sécheresse se chiffrent déjà en milliards. La banque néerlandaise Triodos estime l’impact économique des canicules à 180 milliards d’euros pour l’Europe, représentant environ 1 % de la croissance du PIB européen. Les pertes dans le secteur agricole pourraient atteindre entre 3 et 7 % de la production annuelle.
Alors que la situation demeure critique, des alternatives de transport, telles que le rail et la route, sont privilégiées, mais engendrent une hausse des coûts de transport et d’électricité.
Source : La Libre



