Nisreen Elsaim : « Il faut cesser le ‘young washing’ et amener les chefs d’État à vraiment nous écouter »
À 27 ans, Nisreen Elsaim, jeune activiste soudanaise, se positionne comme une voix influente dans le domaine du changement climatique. Présidente du Groupe consultatif de la jeunesse sur le changement climatique de l’ONU depuis août 2020, elle a eu l’occasion de dialoguer avec des figures de proue telles qu’António Guterres, le Secrétaire général de l’ONU. Passionnée par les enjeux environnementaux depuis ses 16 ans, elle a observé de près les impacts du dérèglement climatique dans son pays d’origine, le Soudan, classé parmi les nations les plus vulnérables face à cette crise.
Titulaire d’une licence en physique et d’un master en énergie renouvelable de l’Université de Khartoum, Elsaim a constaté les effets dévastateurs du changement climatique, notamment les sécheresses, les fortes pluies, et l’insécurité alimentaire. Lors d’un entretien au Forum mondial 3Zéro, elle a partagé son parcours et ses préoccupations.
Comment et pourquoi êtes-vous devenue activiste ?
Nisreen Elsaim explique qu’elle a commencé à s’engager en raison de son intérêt pour les questions environnementales, qu’elle a découvertes durant ses études. Elle a intégré plusieurs organisations, dont le Youth Environment Sudan, et a compris que l’action politique était également nécessaire pour aborder les problèmes environnementaux. Elle a participé à des mouvements qui allient écologie et politique, ce qui l’a conduite à être désignée parmi les 30 envoyés spéciaux pour la jeunesse de l’ONU.
Vous avez le sentiment qu’António Guterres vous écoute vraiment ?
Elsaim affirme qu’elle et ses collègues ont des échanges réguliers avec Guterres, qui est à l’écoute de leurs recommandations. Cependant, elle souligne que l’application des décisions au niveau des États membres de l’ONU reste un défi majeur.
Comment crée-t-on de jeunes leaders pour le climat ?
Selon elle, la prise de conscience parmi les jeunes sur le changement climatique est essentielle, mais il est tout aussi crucial que les gouvernements reconnaissent leur rôle indispensable dans les discussions. Elsaim insiste sur le fait que les jeunes doivent avoir une place à la table des négociations pour catalyser un changement réel.
Quels sont les principaux obstacles rencontrés dans votre mission ?
Elsaim mentionne que l’absence de soutien financier est un obstacle majeur. Les jeunes sont souvent confrontés à des critiques concernant leur manque d’expérience, ce qui rend difficile le développement de projets. De plus, elle met en lumière le phénomène du « young washing », où les initiatives visant à impliquer les jeunes sont souvent superficielles et manquent d’impact réel.
Quel conseil donneriez-vous à des jeunes qui veulent s’impliquer pour un monde plus durable ?
Elle encourage à agir tant individuellement qu’en groupe, soulignant que les initiatives collectives sont essentielles pour combattre le dérèglement climatique. Elsaim rappelle que l’Afrique, responsable de seulement 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, subit néanmoins les conséquences des actions des pays industrialisés.
En conclusion, Nisreen Elsaim appelle à une véritable collaboration entre les jeunes et les décideurs pour faire face à l’urgence climatique.
Source : WE DEMAIN