Niger-Cédéao : comment mettre fin au froid diplomatique ?

Niger-Cédéao : Comment mettre fin au froid diplomatique ?

Le 30 juillet 2023, soit quatre jours après le putsch contre le président Mohamed Bazoum, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a exigé que le Conseil national de salut public (CNSP) rétablisse dans ses fonctions le président déchu. L’organisation a également annoncé des sanctions et menacé d’utiliser la force pour faire respecter ses décisions.

Cet ultimatum a été perçu par le Mali et le Burkina Faso, également dirigés par des militaires, comme une déclaration de guerre, compliquant ainsi la situation du Niger au sein de la Cédéao. Les trois pays ont par la suite formé l’Alliance des États du Sahel, marquant un premier pas vers une rupture avec cette organisation régionale. Le retrait officiel des trois nations de la Cédéao a été acté fin janvier 2025, bien que des discussions continuent entre les deux blocs.

Pour tenter de renouer le dialogue, la Cédéao a nommé Lansana Kouyaté, ancien Premier ministre guinéen, comme médiateur principal. Selon Pape Ibrahima Kane, spécialiste des organisations internationales, cette désignation pourrait ouvrir la voie à des discussions constructives, notamment autour des questions de sécurité dans la région.

Le Niger, dépendant du Nigeria et du Bénin pour son accès à l’électricité et au port de Cotonou, pourrait voir ses intérêts pris en compte dans ces négociations. Kane souligne que les deux parties semblent prêtes à engager le dialogue, ce qui pourrait être un tournant dans les relations entre le Niger et la Cédéao.

En parallèle, la nomination de Bassirou Diomaye Faye comme président en exercice de la Cédéao et la visite de Romuald Wadagni, nouveau président du Bénin, au Niger, sont des signes encourageants pour la décrispation des relations. Sahanine Mahamadou, conseiller spécial de Mohamed Bazoum, affirme que la Cédéao a toujours souhaité dialoguer avec le Niger, mais que ce sont les militaires qui ont refusé cette option.

La situation de Mohamed Bazoum, toujours détenu, reste un point de tension. La question de sa détention illégale est un obstacle pour l’Union européenne, qui doit équilibrer ses valeurs et ses intérêts stratégiques dans la région. Jérôme Pigné, président du Réseau de réflexion stratégique sur la sécurité au Sahel, souligne que le Niger, ancien partenaire historique de l’UE, pourrait voir la coopération redéfinie dans le contexte actuel.

Des études récentes suggèrent que l’UE devrait envisager un soutien accru aux régimes militaires pour stabiliser la région, notamment par le biais de coopération militaire et de sécurité. Cela pourrait inclure la fourniture d’informations de renseignement et d’équipements militaires, ainsi que des investissements dans la formation des forces de sécurité.

En conclusion, bien que des efforts soient en cours pour rétablir le dialogue entre le Niger et la Cédéao, des défis subsistent, notamment la situation de Mohamed Bazoum et les dynamiques régionales complexes.

Source : Deutsche Welle

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