17 juillet 2026 à 16h02
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Aucun nouveau centre de données de plus de 50 mégawatts pendant un an. La gouverneure de l’État de New York, Kathy Hochul, a annoncé un moratoire sur les centres de données par le biais d’un décret exécutif. La taille moyenne de ces centres, en constante augmentation, est de 40 mégawatts. Cette décision est perçue comme un espoir pour ceux qui s’opposent aux «dirty data centers» et pourrait inciter d’autres États à suivre cet exemple, alors que les États-Unis abritent le plus grand nombre de centres de données au monde.
Ces installations, qui peuvent atteindre jusqu’à 93 000 m2, stockent toutes les données numériques produites à l’échelle mondiale, dont le volume a été multiplié par dix au cours de la dernière décennie. L’expansion de l’intelligence artificielle générative, qui inclut des outils comme les robots conversationnels, a intensifié la compétition entre les nations pour construire de nouveaux centres, qui nécessitent d’importantes ressources en terres, en eau et en énergie électrique.
Contestation populaire
Les impacts écologiques et sociaux de ces centres ont suscité une résistance croissante dans plusieurs pays du Nord. Par exemple, Amsterdam a suspendu tout nouveau projet de centre de données jusqu’en 2030. La décision de New York pourrait annoncer une série de moratoires similaires à travers le pays.
Actuellement, au moins treize États fédérés ont introduit des projets de loi pour instaurer un moratoire sur les centres de données, avec des durées variant de un à trois ans. Ces propositions émanent principalement d’États à majorité démocrate, tels que la Virginie et la Pennsylvanie, mais incluent aussi des territoires traditionnellement républicains comme la Caroline du Sud et la Géorgie.
En Caroline du Sud, un projet de loi en cours d’examen vise à interdire toute autorisation locale de centres de données jusqu’à l’adoption d’un cadre de contrôle et d’approbation par le Parlement de l’État.
Les États républicains favorisent les data centers
Dans l’Ohio, où le Parti républicain est au pouvoir depuis 2011, un groupe citoyen a proposé un amendement constitutionnel pour interdire la construction de nouveaux centres de données. Bien que la pétition n’ait pas atteint le seuil de signatures requis pour un vote en 2026, elle sera relancée en 2027.
À l’opposé, plusieurs États de l’ouest, souvent dominés par des électeurs républicains, n’ont toujours pas mis en place de réglementations. Ces États vantent leurs avantages géographiques et économiques pour attirer les investissements dans de nouveaux centres de données.
Des données du US Data Center Moratorium Tracker indiquent qu’un moratoire est en vigueur dans 42 collectivités à travers le pays, sur un total d’environ 3 000. Un sondage de l’institut Gallup, publié en mai, révèle que 70 % des Américains s’opposent à l’implantation de centres de données dans leur communauté, citant des préoccupations concernant la santé, l’utilisation excessive des terres et les inégalités raciales souvent associées à ces projets.
Les citoyens en première ligne
Une étude récente du Massachusetts Institute of Technology et de l’université du Michigan souligne que l’opposition populaire aux centres de données est en forte augmentation, avec une multiplication par dix des réunions locales sur ce sujet entre 2023 et 2026. Les citoyens, souvent plus vocalement opposés que les élus locaux, commencent à influencer les décisions politiques.
En France, des élus de gauche et des organisations locales ont également appelé à un moratoire national, en réponse à la loi sur la simplification de la vie économique. Un amendement visant à limiter la taille des installations a été rejeté en commission, et un rapport parlementaire a critiqué le soutien excessif du gouvernement aux centres de données.
Source : Reporterre
