Némésis se prend (encore) les pieds dans les statistiques de l’insécurité

Némésis et les statistiques de l’insécurité en France : une analyse critique

Une militante du collectif d’extrême droite identitaire Némésis a récemment affirmé que la France se classe 99e dans le classement des pays les plus sûrs, entre la Tanzanie et le Gabon. Elle déclare : « Donc voilà, si vous vous demandiez à quel niveau de sécurité on était, on peut encore perdre des places. » Cette affirmation repose sur le Global Peace Index, un classement publié par l’Institute for Economics & Peace, qui évalue non seulement la sécurité mais également d’autres critères liés à la paix.

Le Global Peace Index se base sur trois grands critères : les conflits internes et internationaux, la sûreté et la sécurité de la société, ainsi que la militarisation. Cela démontre que des pays avec un haut niveau de militarisation ne sont pas nécessairement plus sûrs.

Les données françaises sur la criminalité et la délinquance, publiées par le ministère de l’Intérieur, présentent un tableau plus nuancé. En 2025, les violences physiques ont augmenté de 5 %, avec une hausse des violences sexuelles de 8 %. Cependant, certains types de crimes, comme les vols avec arme, ont diminué de 7 %.

Il est essentiel de comprendre que les indicateurs utilisés pour évaluer la sécurité peuvent prêter à confusion. Par exemple, un taux d’incarcération élevé peut être le résultat d’une politique pénale stricte ou d’une plus grande capacité des institutions à traiter les infractions, plutôt qu’un indicateur direct d’insécurité.

Les comparaisons internationales sont également délicates, car les méthodes d’enregistrement et les définitions varient d’un pays à l’autre. Julien Noble, sociologue au Cesdip-CNRS, souligne que la comparaison des données policières entre différents pays reste complexe et peu fiable.

Pour une évaluation plus précise de la sécurité, les enquêtes de victimation sont recommandées. Elles interrogent un échantillon de la population sur les infractions subies, qu’elles aient été signalées ou non. Ces enquêtes complètent les statistiques policières et offrent une vision plus complète des réalités de la délinquance.

En conclusion, la situation sécuritaire en France est complexe et nécessite une analyse approfondie des différentes sources de données pour éviter des conclusions hâtives.

Source : Le Monde, Global Peace Index, ministère de l’Intérieur, Cesdip-CNRS

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *