C’est une incompréhension totale : Nathan, 10 ans, n’a pas fait sa rentrée scolaire
Sa dérogation pour rejoindre le collège Saint-Exupéry de Thierville-sur-Meuse avait été refusée « faute de places », selon l’Éducation nationale. Quatre jours après la rentrée, Nathan reste chez lui et ses parents continuent de contester son affectation dans un autre établissement.
Nathan aurait dû faire son entrée en sixième cette semaine. Mais vendredi 4 septembre, le garçon de 10 ans est toujours chez lui, à Belleville-sur-Meuse. Ses parents ont décidé de ne pas l’inscrire pour l’instant au collège Buvignier de Verdun (Meuse), où il a été affecté par l’Éducation nationale. « On a décidé de garder Nathan à la maison pour l’instant, car si on le scolarise, il n’y aura sûrement pas de retour en arrière possible », explique son père, Alexis Renaux.
Depuis le printemps, la famille demande une dérogation pour que Nathan rejoigne le collège Saint-Exupéry, où sa grande sœur est déjà scolarisée et où il espère intégrer la section sportive basket. Sa mère, Julie, en situation de handicap avec un taux d’incapacité supérieur ou égal à 80 %, ne peut pas conduire. Son père, surveillant pénitentiaire, travaille en horaires décalés.
D’après les parents, les transports en commun vers le collège Buvignier ne leur permettraient pas d’organiser les trajets de leur fils. « Avec un seul salaire, nous n’aurions pas non plus les moyens de payer quelqu’un pour l’emmener et aller le chercher chaque jour au collège. »
La dérogation avait été refusée le 3 juin en raison des capacités d’accueil de Saint-Exupéry. En août, l’académie de Nancy-Metz déclarait à ICI Lorraine TV que les 94 places prévues en sixième étaient toutes attribuées ou réservées et que les 14 demandes de dérogation avaient été refusées.
Depuis la rentrée, Nathan suit donc des cours chez lui avec ses parents. « On lui fait les cours à la maison. Là, ce matin, il fait de l’anglais », raconte Alexis Renaux. Mais cette solution improvisée ne peut pas durer, estime son père. « Il aimerait voir ses copains et retrouver une vie sociale. Il veut aller à l’école. »
Les parents soulignent qu’ils ne cherchent pas à soustraire leur fils à l’obligation scolaire. « On ne refuse évidemment pas que notre enfant soit scolarisé, c’est un droit et un devoir », insiste Alexis Renaux. « C’est le lieu d’affectation qui est intenable et incompatible au vu de notre situation (.) C’est une incompréhension totale », lâche le père de Nathan.
La santé du garçon continue aussi d’inquiéter ses parents. Un certificat médical établi le 22 juillet, consulté par ICI Lorraine TV, faisait déjà état d’un « état anxieux significatif », de troubles du sommeil et d’une perte de poids. Nathan a de nouveau vu un médecin lundi 31 août, précise son père, qui évoque toujours les mêmes symptômes. « Ça nous fait mal au cœur, évidemment », confie Alexis Renaux. Selon lui, son fils a perdu quatre kilos depuis le mois de juin.
Un nouvel élément alimente désormais l’incompréhension des parents. Alexis Renaux affirme avoir échangé avec un élu du département de la Meuse, qui se serait renseigné auprès de la direction du collège Saint-Exupéry. Selon les informations qui lui ont été rapportées, des places seraient encore disponibles en sixième, avec des classes comptant actuellement autour de 22 élèves.
Contactée par ICI Lorraine TV, l’académie de Nancy-Metz n’a pas donné suite à nos demandes de précisions sur l’état du dossier. De son côté, la famille a saisi le tribunal administratif de Nancy. Une première requête en urgence avait été rejetée le 16 juillet pour une question de procédure, sans que le refus de dérogation soit tranché sur le fond. Le recours des parents doit encore être examiné.
En attendant une décision, Nathan reste à la maison. « C’est ingérable pour nous », déplore son père.
Source : ICI Lorraine TV

