Nadav Lapid, cible d’un boycott, reçoit le soutien du monde du cinéma
Le réalisateur israélien Nadav Lapid, exilé en France depuis 2021, a récemment été contraint d’annuler sa participation au Festival international de cinéma de Marseille (FID), prévu du 7 au 12 juillet 2026, en raison d’appels au boycott lancés par des cinéastes et des activistes. Bien qu’il soit reconnu comme un opposant au régime israélien, son statut de citoyen israélien a joué contre lui.
Initialement, Nadav Lapid devait faire partie du jury du festival, mais cette participation a été annulée suite à des menaces et à une campagne d’intimidation. De plus, le cours qu’il devait donner et la projection de son film Le Policier (2011) ont également été annulés. Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien, a qualifié l’appel au boycott de « cruel » et a dénoncé cette démarche comme perverse et violente.
La directrice du FID a précisé que l’appel au boycott émanait de cinéastes sélectionnés qui refusaient la présence de leur confrère israélien dans le jury. Selon Lapid, bien qu’il n’ait pas reçu d’instructions explicites pour se retirer, il a compris que son départ était attendu.
Il lui a été reproché d’avoir bénéficié de financements publics israéliens pour son dernier film, Oui. Dans un message sur Instagram, douze cinéastes ont justifié leur appel au boycott en affirmant vouloir agir contre une « réalité coloniale et génocidaire ».
Malgré cette situation, plus de 350 personnalités du monde du cinéma, dont des réalisatrices comme Alice Diop et Claire Denis, ont signé une tribune dans Le Monde pour soutenir Lapid, dénonçant la volonté d’écarter un cinéaste d’un espace de discussion. Une seconde tribune, signée par des figures telles que Natalie Portman et Justine Triet, a également critiqué ce qu’ils qualifient de « boycott culturel » et a souligné que les films de Lapid méritent d’être vus et discutés.
Nadav Lapid a exprimé sa reconnaissance pour ce soutien, qualifiant ces tribunes de « démonstration de solidarité magnifique » dans un contexte où il se questionnait sur sa place en France.
Source : HuffPost
