Nassima, maraîchère bio et queer : « Le principal, c’est qu’on se sente à notre place, en campagne »

Le principal, c’est qu’on se sente à notre place, en campagne

Regnéville-sur-Mer (Manche), reportage

La commune de Regnéville-sur-Mer, dans la Manche, s’apprête à accueillir sa seconde marche des fiertés le samedi 13 juin. L’événement, qui a vu le jour l’année précédente avec la participation de 350 personnes dans un village de 730 habitants, est organisé par Nassima, maraîchère bio et membre du collectif l’Amicale à paillettes.

Nassima, qui a déménagé à la campagne après une vie urbaine insatisfaisante, met en avant l’importance de créer des espaces inclusifs pour la communauté LGBT en milieu rural. « Ça permet de se retrouver dans des endroits inclusifs. On peut aussi bien organiser des soirées jeux de société que des défilés. Le principal, c’est qu’on se sente chez nous et à notre place, en campagne », déclare-t-elle.

La mise en place de la marche n’a pas été sans difficultés. En 2025, des complications avec la municipalité de Hauteville-sur-Mer ont conduit le collectif à chercher un autre lieu. Regnéville-sur-Mer a finalement accepté d’accueillir l’événement, avec le soutien du conseiller municipal Fabien Capdeville, qui a affirmé : « On restera un support de tous types d’évènements inclusifs. »

Le collectif, qui regroupe des maraîchers, boulangers et autres acteurs locaux, s’est également engagé dans des activités variées, allant de soirées de jeux à des événements queer. Le club de pom-pom, qui accompagne l’équipe de roller derby de Coutances, est un exemple de l’engagement communautaire, permettant à ses membres de s’exprimer et de se rassembler autour de passions communes.

Les témoignages de participants révèlent un besoin de réinventer les espaces festifs en milieu rural. Selon Nassima, la marche des fiertés est conçue pour être familiale et inclusive, se déroulant de 14 heures à 22 heures.

Les défis rencontrés par les membres de la communauté queer en milieu rural ne sont pas négligeables. Nassima a fait face à des remarques racistes et lesbophobes lors de son arrivée à la campagne, mais a trouvé un réseau amical ouvert sur les questions LGBT grâce à son engagement dans le collectif.

Des études récentes indiquent que les mouvements LGBT en milieu rural, bien que souvent perçus comme marginaux, sont en réalité en pleine expansion. Selon Colin Giraud, maître de conférences à l’université Paris-Nanterre, il n’existe pas plus de LGBTphobies en milieu rural qu’ailleurs. Ces marches des fiertés, souvent portées par des néoruraux, se multiplient depuis une dizaine d’années.

La mobilisation à Regnéville-sur-Mer témoigne d’un changement de mentalité et d’un désir croissant d’inclusion au sein des communautés rurales.

Source principale : Reporterre

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