Coupe du monde 2026. « J’avais envie d'être champion du monde » : Nasser Larguet, l’architecte du renouveau du football marocain, se confie

« J’avais envie d’être champion du monde » : Nasser Larguet, l’architecte du renouveau du football marocain

Dans un entretien exclusif, Nasser Larguet, figure emblématique du football marocain, évoque les fondations du renouveau de ce sport au Maroc, à quelques mois de la Coupe du Monde 2026.

Constat alarmant

Larguet décrit les années 2010 comme un tournant critique pour le football marocain. « L’équipe A ne se qualifiait plus à la Coupe du monde, et les clubs ne performaient plus dans la Champions League africaine », témoigne-t-il. Ce constat a suscité une prise de conscience au sein de l’écosystème, notamment chez Sa Majesté le roi Mohamed VI, qui a initié une réflexion sur l’avenir du football national.

L’Académie Mohamed-VI : une réponse structurée

En 2007, Larguet a été chargé de créer la première académie Mohamed-VI de football, un projet ambitieux visant à revitaliser la formation des jeunes talents. « Cette académie devait servir de modèle pour les clubs et la fédération », souligne-t-il. Aujourd’hui, elle est perçue comme le socle des équipes nationales performantes.

La formation : un enjeu essentiel

Larguet observe que le football marocain avait accumulé un retard significatif, dû à une tendance des clubs à imiter les modèles européens, en privilégiant l’achat de joueurs plutôt que la formation. « La formation était devenue le parent pauvre du foot marocain », déplore-t-il.

Tournants décisifs

L’ouverture de l’académie en 2008 a marqué le début d’un changement. En 2014, l’élection de Fouzi Lekjaâ à la présidence de la Fédération a également constitué un tournant majeur. Avec une approche axée sur les infrastructures et la formation, la fédération a pu poser les bases d’un football national compétitif.

Résultats tangibles

Les efforts de formation portent aujourd’hui leurs fruits. Sur 57 joueurs accompagnés par Larguet entre 2009 et 2014, 47 ont réussi à devenir professionnels. Deux d’entre eux ont participé à la Coupe du Monde 2018, et plusieurs autres ont obtenu des médailles aux Jeux Olympiques.

Un cercle vertueux

Aujourd’hui, de jeunes binationaux, comme Neil el-Aynaoui ou Ayyoub Bouaddi, choisissent de représenter le Maroc. « C’est la preuve que tout ce qu’on a mis en place est solide et durable », affirme Larguet. La performance de l’équipe au Qatar en 2022, où elle a atteint les demi-finales, a également renforcé cette dynamique.

Ambitions futures

Larguet se projette vers l’avenir avec ambition. « J’avais envie d’être champion du monde », confie-t-il. Il estime que le Maroc a les moyens d’atteindre cet objectif, en construisant sur les fondations mises en place depuis 2007.

Ce renouveau du football marocain, initié par des choix stratégiques et des investissements dans la formation, pourrait bien porter ses fruits lors de la prochaine Coupe du Monde 2026.

Source : Interview exclusive avec Nasser Larguet.

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