Saturn V était meilleure : Jared Isaacman critique les choix stratégiques de la NASA
Dans un réquisitoire sans précédent, Jared Isaacman, administrateur de la NASA, a sévèrement critiqué les choix stratégiques de l’agence, notamment le lanceur SLS et la station orbitale Gateway. Son objectif est clair : mettre fin à une approche dispersée pour mieux se positionner face à la Chine et accélérer la transition vers la technologie nucléaire.
Isaacman a déclaré le 9 août que « la NASA ne peut pas réussir si elle essaie de mener en parallèle une infinité de programmes de développement complexes et coûteux ». En effet, sa prise de fonction il y a huit mois a révélé une impasse due à une volonté de tout gérer en interne. Cette stratégie a conduit à des compromis qui ont multiplié les retards et les surcoûts.
Concernant le SLS, Isaacman a fait une comparaison frappante avec le lanceur Saturn V, soulignant que ce dernier « était matériellement meilleur pour convertir la masse au sol en masse envoyée vers la Lune ». En revanche, le SLS est perçu comme un gouffre financier, considéré désormais comme une solution temporaire en attendant de meilleures alternatives.
La station orbitale Lunar Gateway subit également des critiques. Décrite comme « indéfiniment suspendue », elle est accusée d’avoir compliqué le programme Artemis, qui vise à ramener des astronautes sur la Lune. Isaacman a résumé la nouvelle direction de l’agence en affirmant : « Nous voulons construire l’infrastructure pour une présence durable sur un autre monde… pas au-dessus. »
Cette remise en question s’inscrit dans un contexte où la compétition spatiale avec la Chine devient de plus en plus pressante. Isaacman a reconnu que « la seconde course à l’espace va être beaucoup plus serrée qu’elle ne l’aurait dû », soulignant les capacités croissantes de Pékin.
Pour répondre à ces défis, la NASA doit non seulement réparer le programme SLS, mais aussi établir un rythme de lancement régulier et préparer une transition vers une « Nuclear NASA », avec un accent sur la maîtrise de la propulsion nucléaire. Cela est considéré comme essentiel pour garantir que « la troisième course ne sera jamais remise en question ».
Source : Numerama



