Un pari risqué : la NASA confie une mission vers Mars à une entreprise privée
La NASA prépare une nouvelle mission vers Mars sans construire elle-même le vaisseau. Elle a décidé de confier cette tâche à Relativity Space, une entreprise privée qui n’a encore jamais atteint l’espace lointain.
La NASA confie sa mission vers Mars à une entreprise privée
L’agence américaine a annoncé l’accord ce mercredi. Elle fournira les instruments scientifiques, tandis que Relativity Space fabriquera le vaisseau et le lanceur. Ce partage des rôles n’est pas inédit, la NASA ayant déjà passé des contrats similaires avec SpaceX pour ravitailler la Station spatiale internationale.
La mission, nommée Aeolus, emportera quatre instruments chargés de mer et photographier Mars depuis son orbite. Un sondeur Doppler analysera les vents et les températures jusqu’à 60 kilomètres d’altitude, tandis qu’une caméra grand champ capturera quotidiennement des images de l’activité atmosphérique. L’objectif est d’obtenir une vue quotidienne et globale de ce ciel encore mal connu.
Ces données visent à sécuriser les futurs atterrissages, qu’ils soient automatiques ou habités. L’atmosphère de Mars constitue un des grands dangers pour les engins qui s’y posent. Ses vents et sa poussière perturbent les phases de descente les plus délicates, et mieux la comprendre pourrait réduire le risque d’échec lors de l’arrivée.
Eric Schmidt veut devancer Elon Musk sur la planète rouge
Le patron de Relativity Space, Eric Schmidt, ancien dirigeant de Google, a pris le contrôle de l’entreprise en mars 2025 après des difficultés de financement. Son pari spatial a surpris plusieurs observateurs.
L’enjeu dépasse la simple prouesse technique. Elon Musk parle depuis des années d’envoyer des humains sur Mars, mais SpaceX n’a jamais expédié sa propre mission. Si Aeolus part à l’heure, ce vol deviendrait la première mission privée à atteindre la planète rouge.
Cette mission vers Mars repose sur un calendrier très serré
Le lancement est prévu pour 2028, une échéance jugée ambitieuse par beaucoup. Relativity doit encore concevoir le vaisseau et terminer son lanceur, le Terran R. Son premier modèle, le Terran-1, avait échoué en vol dès 2023, et l’entreprise repart donc avec un appareil plus grand mais non éprouvé.
Le centre Ames de la NASA concevra et assemblera les quatre instruments. Relativity gérera le vaisseau et les opérations, qui jouera aussi le rôle de relais de communication entre Mars et la Terre. Aeolus prolonge plus de vingt ans de missions martiennes comme MAVEN ou Mars Odyssey. La NASA soutiendra le travail scientifique pendant au moins une année martienne, dans le cadre du premier contrat remboursable sur six ans signé par l’agence.
La NASA assume également une part de risque dans cette aventure. Relativity n’a jamais prouvé qu’elle pouvait atteindre l’espace lointain, et rien ne garantit que la mission décollera effectivement. D’anciens partenaires de l’agence ont fait faillite ou raté leur atterrissage lunaire. Pour Relativity, ce contrat ouvre toutefois la porte à d’autres marchés, comme le lancement de satellites. Le rendez-vous de 2028 déterminera si ce pari audacieux tient ses promesses.
Source : NASA
