Après son départ mouvementé du gouvernement américain, Musk se lance dans un nouveau défi spatial
Tous les regards se tournent vers le ciel alors que la Terre et Mars amorcent leur rapprochement cyclique. Ce rendez-vous céleste, prévu pour 2026, pourrait devenir le théâtre d’une avancée technologique sans précédent. Elon Musk prévoit d’y envoyer Starship, une fusée géante encore en phase de mise au point, conçue pour franchir les frontières du Système solaire. Derrière les essais spectaculaires et les explosions contrôlées, se dessine une vision de l’exploration spatiale, entre échéances orbitales et ambition martienne.
Mars à portée de moteurs… si la fusée suit le plan
L’alignement des planètes est rare, mais prévisible. Tous les 26 mois, Mars et la Terre se rapprochent suffisamment pour qu’un voyage interplanétaire devienne plus rapide et moins énergivore. La prochaine fenêtre s’ouvrira en novembre 2026. Elon Musk entend la saisir. Lors d’une présentation de 42 minutes diffusée depuis le site de lancement de Starbase au Texas, il a détaillé une feuille de route ambitieuse où Starship jouerait les éclaireurs robotiques avant toute présence humaine. La première mission serait entièrement automatisée, jetant les bases d’un futur peuplé.
Cette échéance représente un défi immense. Musk évalue à 50 % la probabilité de décoller à temps. Tout dépendra de la capacité de SpaceX à réaliser une opération encore jamais effectuée : ravitailler Starship en orbite terrestre avant de le lancer vers Mars. Ce procédé est crucial, car embarquer tout le carburant depuis le sol rendrait le décollage presque impossible.
Starship, outil de conquête mais encore en apprentissage
Starship n’est pas une fusée comme les autres. Mesurant plus de 120 mètres de hauteur une fois assemblée avec son booster Super Heavy, elle est conçue pour être intégralement réutilisable. Cette architecture pourrait réduire les coûts d’accès à l’espace par dix. Cependant, la réalité des tests rappelle que l’audace technique ne garantit pas la stabilité. En mai 2025, le neuvième vol d’essai a permis à l’engin d’atteindre l’espace, avant de perdre le contrôle en vol et de se désintégrer au-dessus de l’océan Indien.
Ce revers n’a pas freiné les ambitions de Musk. Selon des sources, l’industriel mise sur une version 3 du vaisseau, encore plus haute et plus performante, dont le premier exemplaire pourrait décoller dès fin 2025. Chaque lancement, même raté, est perçu comme une étape vers l’optimisation. L’enjeu est d’atteindre une cadence de production et de tests suffisante pour rendre l’ensemble du système fiable d’ici 2026.
Une cité martienne pour repenser la civilisation
L’objectif dépasse largement le simple exploit spatial. Dans sa vision à long terme, Musk envisage l’établissement d’une véritable ville sur Mars, capable de subsister sans contact prolongé avec la Terre. Cette colonie devrait accueillir, à terme, plus d’un million d’habitants et dépendrait de l’acheminement de millions de tonnes de matériel. Selon des projections, jusqu’à 2 000 vaisseaux pourraient faire la navette entre les deux planètes tous les deux ans.
Le site d’atterrissage se précise. La plaine d’Arcadia, au nord de Mars, reste la favorite, offrant un sol plat, une bonne lumière solaire et potentiellement de la glace souterraine. Les premières missions enverraient des robots humanoïdes, conçus par Tesla, avant que les équipages humains prennent le relais lors d’un second ou troisième lancement.
Source : Reuters, Space.com, Mashable.
