Musique et Manga : Quand les Opposés s’Attirent
La bande dessinée japonaise réussit à faire entendre le son à travers le dessin, une question intemporelle illustrée par deux œuvres emblématiques de la culture japonaise.
« Blue Giant » : Quand le Silence de l’Encre Devient Symphonie
Blue Giant est une œuvre marquante qui narre la quête d’un jeune saxophoniste désireux de devenir le meilleur jazzman au monde. Pour comprendre comment le silence de l’encre se transforme en symphonie intérieure, il convient de se pencher sur les créateurs de sa suite, Blue Giant Momentum, le dessinateur Shin’ichi Ishizuka et le scénariste NUMBER 8.
Lors d’une récente masterclass à Paris, le duo a exprimé son enthousiasme : « On est très heureux d’être ici, c’est comme être dans un rêve ». Paris, selon NUMBER 8, est « une scène très importante pour le jazz. Si tu ne réussis pas à percer dans le jazz ici, c’est que tu ne réussiras nulle part. » Leur approche éditoriale, radicale, reflète l’essence du jazz, une musique de l’instant, cherchant à « faire ressortir ce sentiment dans la structure du récit ».
Shin’ichi Ishizuka confie qu’il s’immerge dans le son pour dessiner : « Quand je dessine, j’écoute le plus souvent de la musique Jazz (et quand Cette immersion lui permet de créer des scènes d’une fidélité absolue, impliquant le lecteur au point de lui donner l’impression d’être dans la salle avec les musiciens.
Les mangakas, admirateurs de John Coltrane, utilisent des métaphores visuelles pour renforcer cette immersion. Par exemple, dessiner « un champ de fleurs entourant le protagoniste lorsqu’il joue » permet au lecteur de percevoir le son par l’émotion retranscrite. Les détails sur les instruments sont également soignés pour les rendre presque vivants. Après avoir dessiné les personnages, Ishizuka s’attelle à « dessiner le son ».
Cette démarche a porté ses fruits, les fans affirmant « presque percevoir les sons » à la lecture. Pour les auteurs, l’adaptation animée représente la consécration ultime, l’anime apportant « la touche finale » à leur œuvre.
« Cowboy Bebop » : Quand la Musique Convoque l’Image
À l’opposé, l’univers de Cowboy Bebop illustre une dynamique inverse. Cette série culte de l’animation japonaise, qui suit les aventures d’un groupe de chasseurs de primes dans l’espace, est indissociable de sa bande originale jazzy, signée Yoko Kanno. Lors d’un récent salon, le public a pu vivre une célébration sonore de cette franchise.
Pour accompagner une projection du film Cowboy Bebop : Knocking on Heaven’s Door, le Demian Big Band a offert un concert live. Cet orchestre amateur a interprété avec énergie la musique de l’œuvre, montrant que la musique transcende l’écran et le papier, permettant aux fans de revivre des émotions qui « touchent les cœurs ».
La ferveur des spectateurs prouve que le dialogue entre manga, animation et musique a encore de beaux jours devant lui. Alors que les stands ferment, la salle de concert reste pleine, et les applaudissements fusent à chaque note, témoignant d’une expérience transmédia riche et immersive.
Source : ActuaBD
