Face à la multiplication des contrats courts, renforcer la responsabilité financière des employeurs ne suffira pas
À chaque négociation sur l’assurance-chômage ou sur le marché du travail, la question de la réduction du recours massif aux contrats courts en France se pose. Les discussions en cours entre partenaires sociaux ne dérogeront pas à cette règle, bien que le diagnostic et les pistes de réforme soient déjà bien identifiés.
La France se distingue par un usage élevé des contrats courts : 80 % des recrutements se font sous forme de contrats à durée déterminée (CDD) ou de missions d’intérim, souvent de moins d’un mois. Cette situation est en contraste avec la structure de l’emploi salarié, où 85 % des postes sont occupés par des contrats à durée indéterminée (CDI).
Ce phénomène engendre un marché du travail dual. D’une part, certains salariés bénéficient d’un emploi stable à long terme ; d’autre part, d’autres enchaînent les contrats courts et les périodes de chômage. Ces allers-retours entraînent un coût social élevé, particulièrement pour les jeunes, et contribuent aux dépenses d’indemnisation. Selon l’Unédic, les fins de CDD et d’intérim sont responsables d’environ 50 % des ouvertures de droits à l’assurance-chômage et représentent plus d’un tiers des dépenses d’indemnisation du régime, pour un total de 37 milliards d’euros.
Le recours massif aux CDD est également le résultat d’un système de protection de l’emploi jugé asymétrique. Ces contrats sont souvent utilisés pour contourner la rigidité des CDI, notamment lors d’ajustements en période d’incertitude économique. La France est caractérisée par des procédures de licenciement complexes, longues et incertaines, en particulier pour les licenciements collectifs. Dans ce contexte, les TPE et PME, qui constituent le cœur de l’économie française, privilégient des formes d’emploi plus flexibles, ce qui entraîne une multiplication des contrats courts.
Source : Unédic.
