Mozambique Exposed: avec le Sernic, les dérives de la police politique du pouvoir

Mozambique Exposed : Les dérives du Sernic et la répression politique

Plus d’un an et demi après la contestation des résultats des élections générales d’octobre 2024, la répression politique se poursuit au Mozambique. Les organisations de la société civile dénoncent des enlèvements et des assassinats, attribués aux forces de l’ordre. Un service est particulièrement critiqué : le Serviço Nacional de Investigação Criminal (Sernic).

Le 23 janvier 2025, Simiao Carvalho se trouvait dans le quartier de Choupal à Maputo lorsque, après une manifestation, il a été attaqué par des hommes en civil. Ces derniers, équipés de 4X4, ont tiré sur lui, le blessant au pied. Ce type d’attaque souligne la violence croissante des forces de sécurité dans un contexte de contestation politique.

Amilcar Francisco, militant du parti d’opposition Anamola, témoigne également de la brutalité du Sernic. Il a été enlevé et passé à tabac par des agents qu’il reconnaît comme appartenant à ce service. Les défenseurs des droits de l’homme qualifient le Sernic de police politique, agissant au service du gouvernement en place.

Borges Nhamirre, chercheur à l’Institut d’études de sécurité, affirme que le Sernic est l’un des services les plus puissants du pays, plus influent que l’armée, en raison de ses liens étroits avec le Frelimo, le parti au pouvoir depuis l’indépendance en 1975.

Le Sernic utilise un réseau d’espionnage sophistiqué, soutenu par des opérateurs de télécommunications, dont certains sont sous contrôle gouvernemental. La protection des données est faible, ce qui facilite la surveillance des citoyens. Amilcar Francisco souligne l’omniprésence d’espions au sein même des partis d’opposition.

L’impunité des membres du Sernic se manifeste clairement dans des affaires non résolues, comme la disparition d’Americo Sebastiao en 2016. Malgré des éléments fournis par la police portugaise, l’enquête n’a jamais abouti, illustrant la protection dont bénéficient les agents du Sernic.

Contactés pour des commentaires, ni le Sernic ni les autorités mozambicaines n’ont répondu aux demandes du consortium d’enquête.

Cette situation met en lumière les défis persistants pour la démocratie et les droits de l’homme au Mozambique, un pays où la répression politique semble s’intensifier.

Source : RFI, Mozambique Exposed

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