Schwedt : La raffinerie allemande face aux défis d’approvisionnement
Trois ans après l’arrêt des livraisons de pétrole russe, la raffinerie de Schwedt, la plus grande de l’est de l’Allemagne, continue de chercher des solutions pour garantir ses approvisionnements en brut. Détenue majoritairement par le groupe pétrolier Rosneft, le site doit naviguer entre les restrictions européennes, les sanctions américaines et les répercussions des actions russes.
Depuis la cessation des importations de pétrole russe, la raffinerie, qui fournit plus de 90 % de l’approvisionnement en carburant de Berlin et de la région de Brandebourg, a dû s’adapter à une nouvelle réalité. Ralf Schairer, le directeur de PCK Schwedt, souligne la nécessité de gérer constamment des imprévus tout en maintenant les opérations de l’installation, qui emploie environ 1.200 personnes.
Le complexe pétrolier, qui s’étend sur une superficie équivalente à 1.200 terrains de football, a vu son approvisionnement en brut russe remplacé en février 2023 par du pétrole kazakh. Cependant, en mai 2026, Moscou a interrompu ces livraisons en invoquant un motif « technique », compliquant davantage la situation.
Pour pallier cette interruption, la raffinerie a augmenté ses livraisons via les ports de Rostock et de Gdansk. Cependant, Bruxelles a refusé d’approuver une aide publique de 400 millions d’euros pour moderniser les infrastructures nécessaires à ces nouvelles routes d’approvisionnement, citant des préoccupations concernant Rosneft.
Les incertitudes persistent, notamment en raison de l’annonce de sanctions contre Rosneft par l’administration Trump en octobre 2025, bien que Berlin ait obtenu une exemption pour ses filiales allemandes. Des entreprises américaines, comme Microsoft et Honeywell, ont déjà décidé de se retirer, craignant d’éventuelles sanctions.
Les défis d’approvisionnement et les tensions géopolitiques rendent difficile le développement de projets d’énergie verte, comme la production de carburants à base d’hydrogène. De plus, les divergences entre actionnaires, notamment Shell et Eni, compliquent les investissements nécessaires pour la transition énergétique.
La maire de Schwedt, Annekathrin Hoppe, a noté une érosion de la confiance envers le gouvernement parmi les habitants, favorisant des partis aux positions prorusses. Elle exprime des doutes quant à un retour aux approvisionnements en pétrole russe, même si la guerre en Ukraine venait à s’arrêter.
Source : AFP.

