Guerre des drones : la peur grandissante de Moscou face aux attaques de l’Ukraine
Des flammes s’élevant à plusieurs mètres et une épaisse fumée noire se dégageant d’une des principales raffineries près de Moscou illustrent la montée des tensions. Ce jeudi 18 juin, l’Ukraine a mené l’une de ses plus importantes attaques de drones contre la Russie depuis le début du conflit. Selon CNN, près de 1 000 drones ont été interceptés par la Défense aérienne russe sur une vaste zone.
À Moscou, le maire a rapporté que 194 drones ukrainiens avaient été abattus, causant 17 blessés et endommageant une raffinerie de pétrole située à environ quinze kilomètres du Kremlin, entraînant d’importants incendies. Ce chiffre dépasse largement celui des journées précédentes, où l’Ukraine avait généralement lancé quelques dizaines de drones. En conséquence, les vols de tous les principaux aéroports de Moscou ont été temporairement suspendus.
Volodymyr Zelensky a déclaré : « Nous ne voulons pas cette guerre, nous ne l’avons jamais voulue, tout le monde le sait. » Il a ajouté que ces attaques massives étaient une réponse à une frappe qui avait endommagé un monastère historique à Kyiv, faisant dix morts. L’armée de l’air ukrainienne a indiqué que la Russie avait réagi en lançant sept missiles et 239 drones contre l’Ukraine.
« En avance » dans la guerre des drones
Au cours des derniers mois, l’Ukraine a intensifié ses attaques de drones visant des raffineries, des dépôts pétroliers et des installations militaires russes, cherchant à perturber les revenus de guerre. Le général Oleksandr Syrskyi a affirmé que l’Ukraine est désormais au moins à égalité avec la Russie dans cette compétition technologique.
En mai 2026, les unités de drones ukrainiennes ont frappé près de 180 000 cibles russes, marquant une augmentation de 12,7 % par rapport au mois précédent. Dans le segment des drones FPV, l’Ukraine a un rapport de force de 1,5 contre 1 face à la Russie, et a abattu environ 4 000 drones Shahed, soit une hausse de 27 % par rapport à avril.
Moscou fébrile
La situation met le Kremlin dans une position délicate, alors que la guerre se joue également sur son propre territoire. Mi-mai, Moscou a annulé son concert annuel du Jour de la Russie, une première en 23 ans, remplaçant les festivités par des événements en intérieur. De plus, la Douma a autorisé les banques et entreprises à se défendre contre les attaques de drones, en embauchant des sociétés de sécurité.
Les autorités de Crimée ont également interdit la circulation nocturne de motos et scooters, de crainte que le bruit de ces véhicules ne perturbe les systèmes de défense. La région connaît des perturbations récurrentes, avec des vidéos de camions-citernes en feu et des files d’attente aux stations-service, conséquence des bombardements ukrainiens sur les axes d’approvisionnement.
L’attaque de ce jeudi survient peu après une réunion du G7 en France, où les dirigeants ont renouvelé leur soutien militaire à l’Ukraine, appelant à une pression accrue sur la Russie. Le président ukrainien a souligné l’importance de cette pression collective sur le président Poutine.
Source : L’Express, CNN
