La mortalité périnatale en France : une tendance inquiétante
Les chiffres sont préoccupants. Selon les dernières données de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), sur un total de 661 822 naissances, 7 398 enfants sont nés sans vie ou sont décédés dans leurs sept premiers jours de vie en 2024. Ce phénomène témoigne d’une augmentation continue de la mortalité périnatale, qui s’élève désormais à 11,2 pour 1 000 naissances.
Taux les plus élevés dans les départements et régions d’outre-mer (DROM)
Le taux de mortalité périnatale, qui inclut les enfants nés sans vie ou décédés au cours des sept premiers jours, a vu une hausse significative depuis 2021, atteignant un niveau particulièrement préoccupant en 2024. Ce taux varie considérablement selon les régions, allant de 9,3 ‰ en Auvergne-Rhône-Alpes à 21,0 ‰ en Guadeloupe. La DREES souligne que les départements et régions d’outre-mer affichent un taux moyen supérieur de 60 % à celui de la France métropolitaine.
Anomalies congénitales et affections périnatales
Parallèlement, la France connaît une baisse des naissances, avec 660 000 en 2024, soit 160 000 naissances de moins qu’en 2012. L’âge maternel à l’accouchement augmente également, atteignant 31,1 ans en moyenne, et 25 % des mères sont âgées de 35 ans ou plus. Cette évolution s’accompagne d’une détérioration de la santé des femmes avant la grossesse, avec des taux de surpoids/obésité de 38 %, et des cas de diabète préexistant et d’hypertension artérielle chronique à 1 % et 1,63 %, respectivement. Ces facteurs contribuent à la montée du diabète gestationnel, qui touche 15 % des femmes, contre 7,5 % en 2012.
La mortalité infantile, quant à elle, est liée à des affections périnatales (51,8 % en 2023) ou à des anomalies congénitales (19,5 %). En 2024, la France enregistre 4,08 décès pour 1 000 naissances vivantes, plaçant le pays au 21ᵉ rang sur 27 en Europe. La prévention auprès des futures mères reste insuffisante, avec seulement 27 % prenant de l’acide folique avant la grossesse, malgré les recommandations en ce sens.
De plus, seuls 15,7 % des femmes reçoivent des conseils sur la prévention de l’infection à cytomégalovirus (CMV), un facteur de risque de handicap. Les entretiens prénatals et postnatals, obligatoires depuis 2020 et 2022 respectivement, touchent seulement 62 % des femmes pour le premier et 25 % pour le second.
Ces données soulignent l’urgence d’une amélioration des soins et de la prévention pour réduire la mortalité périnatale en France.
Source : DREES
