Monument Damas Aléka : le mémorandum qui accuse le Palais
Le mémorandum de l’Ordre gabonais des architectes (OGA), récemment consulté par GabonReview, jette un éclairage nouveau sur les retards et les complications entourant le chantier du monument Georges Damas Aléka à Libreville. Ce document révèle un budget réduit de 2,7 milliards de francs sur injonction présidentielle, des délais d’exécution compressés de 14 à 10 mois, et un agrandissement de la corniche de 50 mètres imposé par le chef de l’État. De plus, le mémorandum souligne des retards de paiement cumulés de 23 mois, ainsi qu’un coût additionnel de 148 millions pour un mât porte-drapeau imposé par la Présidence.
Depuis la visite présidentielle sur le chantier et l’injonction de livrer l’ouvrage le 16 août prochain, la controverse ne faiblit pas. Face à des critiques virulentes sur les réseaux sociaux, l’OGA a décidé de se saisir du dossier pour « éclairer l’opinion publique et les autorités », selon Thierry N’Gomo, Past-Président de l’OGA.
Le mémorandum as que l’architecte Mauro a « répondu favorablement à toutes les interrogations » et a fourni des documents justificatifs. Le montant total du projet est de 8 milliards de francs hors taxes, soit environ 9,52 milliards TTC, avec exonération de taxes. Ce montant a été réduit de 10,7 milliards à 8 milliards par le chef de l’État.
Cependant, le document met en lumière un montage contractuel préoccupant. Le cabinet AM&T de l’architecte Mauro est décrit comme le chef de file d’un regroupement solidaire de 16 entreprises, incluant à la fois des exécutants et des contrôleurs, ce qui soulève des questions sur la séparation des fonctions dans les marchés publics.
Trois événements clés sont identifiés comme ayant impacté l’exécution du projet : l’agrandissement de la corniche, la réhabilitation des appartements présidentiels, et l’imposition d’un mât monumental. Ces décisions, prises sans consultation de l’architecte, auraient conduit à des retards significatifs et à des complications financières.
Le délai d’exécution, initialement estimé à 14 mois, a été réduit à 10 mois, et le groupement accuse 23 mois de retards de paiement. Un reliquat de 588 millions de francs reste à réclamer depuis janvier 2026, tandis que la part du cabinet AM&T s’élève à 472 millions de francs hors taxes, dont 76 % ont été perçus à ce jour.
En conclusion, si le mémorandum vise à disculper l’architecte, il soulève davantage de questions sur la gestion du projet et sur la responsabilité de l’État dans la validation d’un montage contractuel qui semble mettre en péril l’intégrité du processus. La controverse demeure ouverte, et ni la date d’inauguration prévue ni le discours officiel ne suffiront à clore le débat.
Source : GabonReview
