Monument Damas Aléka : Au-delà des Évidences
Suite à la mise en demeure du président de la République à l’architecte Erick Mauro Nguémah, chargé de la construction du monument Georges Damas Aléka, une controverse a émergé, alimentée par des accusations d’« ignorance » et de « malveillance ». Les révélations contenues dans un mémorandum de l’Ordre gabonais des architectes (OGA) soulèvent des questions sur la gestion de la commande publique au Gabon, suggérant des pratiques peu orthodoxes.
Erick Mauro Nguémah est actuellement la cible d’un lynchage populaire intense, son nom étant devenu synonyme de ce chantier en difficulté. Selon le document attribué à un ancien président de l’OGA, plusieurs facteurs complexes sont à l’origine des retards, notamment une réduction du budget initial, un raccourcissement des délais d’exécution, des modifications demandées durant le chantier, et des retards dans le décaissement des fonds. L’architecte est présenté comme le chef d’un consortium comprenant son cabinet, neuf entreprises spécialisées et sept bureaux de contrôle.
La situation met en lumière la nécessité d’une réflexion sur les responsabilités contractuelles. Un contrat n’est pas un acte figé, et les modifications intervenues durant l’exécution d’un projet doivent être formalisées par des avenants, garantissant ainsi la sécurité juridique. En l’absence de tels ajustements, les frontières entre inexécution et impossibilité d’exécution deviennent floues, compliquant l’identification des responsabilités.
Il est crucial de sortir des émotions pour revenir aux principes juridiques. Opposer la responsabilité de l’architecte à celle de l’État ne permet pas de résoudre les enjeux soulevés. Cette affaire révèle des lacunes dans la gestion des projets publics, notamment sur la répartition des responsabilités au sein du consortium et les modifications apportées sans formalisation adéquate. Des questions se posent également sur le rôle des administrations chargées de superviser les marchés et les travaux.
Un État moderne doit s’appuyer sur la rigueur dans l’application de ses propres règles pour instaurer un climat de confiance et garantir la sécurité juridique des acteurs impliqués. La situation actuelle soulève des interrogations sur la conduite des projets d’une telle importance symbolique et mémorielle, marquée par une opacité et des négligences procédurales.
Source : Gabonreview.com
