Montréal va de l’avant avec des caméras d’intervention pour ses policiers
D’ici un an, des milliers de policiers montréalais et leurs véhicules de patrouille seront équipés de caméras, a annoncé la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada. Cette information, rapportée par La Presse et confirmée par Radio-Canada, marque une avancée significative dans l’effort de transparence et de sécurité au sein du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).
Dans son dernier budget, la Ville a réservé 40 millions de dollars pour l’acquisition et le déploiement de ces dispositifs. Toutefois, le projet attendait le feu vert du gouvernement du Québec, qui doit modifier sa réglementation pour permettre l’utilisation des enregistrements dans les enquêtes policières et devant les tribunaux. La mairesse a affirmé : « Je n’attendrai plus après Québec pour le faire ».
Cette initiative a été réclamée depuis longtemps par des acteurs du milieu communautaire, des élus et des citoyens, dans le but de renforcer le sentiment de sécurité du public. Les récentes allégations de gestes racistes commis par des policiers du poste de quartier 39 à Montréal-Nord ont également intensifié ces demandes.
Cependant, la littérature scientifique sur l’efficacité de ces dispositifs est mitigée. Un projet pilote avait été mené entre 2016 et 2017, mais n’a pas donné suite. Un rapport du SPVM, publié en 2019, indiquait que l’expérience de ce projet n’avait pas permis de démontrer de manière concluante que les caméras favorisent la transparence des interventions policières ou renforcent la confiance entre policiers et citoyens.
En parallèle, la mairesse prévoit d’annoncer un règlement interdisant aux citoyens d’insulter les policiers dans l’exercice de leurs fonctions, une me déjà adoptée dans d’autres villes comme Québec, Laval, Longueuil et Sherbrooke. Ce règlement fait suite à la diffusion d’une vidéo virale montrant une policière ciblée par des propos misogynes.
Pierreson Vaval, directeur général de la Coalition Pozé, a exprimé un accueil favorable à cette initiative, tout en soulignant que les caméras ne constituent pas une solution miracle contre le profilage racial. De son côté, Rémi Boivin, professeur à l’École de criminologie de l’Université de Montréal, a noté que des questions demeurent, notamment sur le stockage et la conservation des vidéos.
Les caméras sont perçues comme un outil pouvant offrir une vision neutre des interventions policières, mais elles doivent être intégrées dans une réforme plus large des pratiques policières.
Avec les informations d’Édouard Beaudoin



