À Montpellier, des étudiants boursiers à quelques jours de la rue : la FSE interpelle le Crous
Mercredi 2 septembre, la Fédération syndicale étudiante (FSE) de Montpellier a tenu une conférence de presse devant les services centraux du Crous Montpellier-Occitanie. Le syndicat affirme accompagner une dizaine d’étudiants sans logement à quelques jours de la rentrée, dont deux pourraient se retrouver à la rue avant la fin de la semaine. Sollicité par Le Poing, le Crous évoque une tension exceptionnelle sur le logement étudiant.
Depuis la pré-rentrée, plusieurs étudiants sans solution de logement ont contacté la FSE, expliquent Gaël et Anna, militants du syndicat. Certains font jusqu’à trois heures de trajet pour rejoindre leur faculté, soit six à sept heures de transport par jour de cours. D’autres, hébergés temporairement, comptent les jours.
Le syndicat détaille deux cas. D’abord, celui d’un étudiant venu de la région lyonnaise, boursier échelon 5, qui n’a obtenu aucun logement malgré sa participation à l’ensemble des tours d’attribution. « Je viens d’arriver pour mes études. J’ai fait trois demandes sur le site du Crous, qui était saturé, je n’ai pas eu de logement », raconte Benoît, inscrit en première année de LEA. Actuellement, il loge dans un hôtel à une heure de transport de la fac, jusqu’au 8 septembre.
Interrogé sur ce cas, le Crous rappelle que les affectations relèvent d’un tour national, sur des critères définis au niveau national. Il invoque « le niveau exceptionnel de la demande » cette année à Montpellier, précisant que les logements ont été majoritairement attribués aux étudiants les plus prioritaires.
Le syndicat évoque ensuite le cas d’une étudiante mahoraise, boursière échelon 7, qui loge dans un Airbnb jusqu’à samedi. Passé cette date, elle n’a nulle part où aller, affirme la FSE, qui accuse le Crous de « faire le choix de l’inaction ». Le Crous indique ne pas avoir eu connaissance de cette situation avant l’entretien avec le syndicat.
Lundi 31 août, une délégation de la FSE a été reçue par le responsable de la vie étudiante du Crous. Selon le récit du syndicat, aucune solution n’a été proposée lors de cet entretien. Le Crous confirme la rencontre, mais souligne qu’aucun logement n’est disponible depuis le 27 août.
Pour la FSE, ces situations individuelles reflètent un déséquilibre structurel. Le Crous compte 8 718 places à Montpellier, alors que l’université Paul-Valéry et l’université de Montpellier réunissent environ 31 000 étudiants boursiers. L’établissement attribue la pénurie à une forte hausse des renouvellements, réduisant ainsi les logements proposés.
Le Crous met en avant l’effort de construction engagé, avec près de 500 logements livrés au cours des deux dernières années. Toutefois, la FSE juge ce rythme insuffisant face aux besoins croissants.
La FSE exige que le Crous loge l’ensemble des étudiants boursiers menacés de se retrouver à la rue et réclame une hausse du budget du Cnous, la construction de nouveaux logements et l’égalité des droits de location pour les étudiants étrangers.
Source : FSE, Crous Montpellier-Occitanie

