Un dispositif utilisé pour avoir de la main-d’œuvre bon marché : la CGT cible un restaurant de Montauban

Ouvert depuis le 25 juin 2026 à Montauban (Tarn-et-Garonne) sous l’enseigne « La Brigade », un restaurant a utilisé la Préparation opérationnelle à l’emploi individuelle (POEI) pour recruter, formant dix salariés avec le soutien financier de l’État. Au final, seuls deux d’entre eux ont été conservés, ce qui a suscité les critiques de la CGT. Le syndicat affirme que l’employeur s’était engagé auprès de France Travail à embaucher en CDD d’au moins six mois les salariés formés. La direction de l’établissement se défend, et le litige pourrait être porté devant les prud’hommes.

Les 31 juillet et 6 août 2026, la CGT a installé un barnum devant le restaurant « La Brigade » et a organisé une distribution de tracts dans une zone commerciale. Ce restaurant, situé dans le parc commercial d’Aussonne, a remplacé l’ancien établissement « L’Hippopotamus », fermé en 2025. La CGT dénonce ce qu’elle considère comme un « usage détourné » du dispositif POEI, qui permet à un demandeur d’emploi d’acquérir des compétences avant une éventuelle embauche. Selon le syndicat, ce mécanisme permet à l’employeur de sélectionner des candidats, de constater des manques de qualification, puis de faire financer par France Travail une formation de plusieurs centaines d’heures, utilisée pour faire fonctionner le restaurant.

Dans ce cas précis, les dix personnes formées ont suivi quatre semaines d’apprentissage, dont une semaine de théorie et trois semaines de pratique, notamment dans un autre restaurant de la chaîne à Blagnac. Cependant, huit d’entre elles ont été écartées dès le début de leur période d’essai ou même avant, selon Julien Capus, membre de l’UD CGT 82.

Le syndicat soutient les huit « travailleurs privés d’emploi ». Parmi eux, Manu et Nicolas, qui ont exprimé leur mécontentement face à leur renvoi sans justification après une période d’essai. « Ce sont des travailleurs précaires et ce patron-là les enfonce encore plus dans la précarité », a déclaré l’un d’eux.

La direction de « La Brigade » a réagi en affirmant que tous les engagements envers France Travail avaient été respectés. Elle précise que la POEI est un dispositif légal, et qu’aucun fonds public n’a été perçu pour la formation. Au contraire, les frais de déplacement et de repas des stagiaires ont été couverts par l’établissement. Le patron de « La Brigade » a exprimé son indignation face aux accusations de la CGT, les qualifiant de diffamatoires et précisant qu’il se réservait le droit de porter plainte.

La direction a également souligné qu’elle avait créé plus d’une douzaine d’emplois dans une région où le secteur de la restauration peine à recruter. Les positions des deux parties semblent irréconciliables, et l’affaire pourrait se résoudre aux prud’hommes.

Source : La Dépêche

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