À partir de quel montant votre pension fait-elle de vous un retraité aisé ?

À partir de quel montant votre pension fait-elle de vous un retraité aisé ?

Qui pourrait demain être considéré comme un retraité « aisée » et voir sa pension moins revalorisée ? Cette question pourrait devenir très concrète en 2027. Roland Lescure, ministre de l’Économie et des Finances, a évoqué dans Libération l’hypothèse d’une « indexation plus modérée » des pensions des retraités aisés. L’objectif serait de les faire contribuer au redressement des finances publiques, tout en préservant les plus modestes. Pour l’instant, il ne s’agit que d’une piste, sans seuil arrêté.

Cette hypothèse ne doit pas être confondue avec une année blanche, qui reviendrait à geler plus largement les pensions. Ici, certaines pensions élevées pourraient être moins revalorisées que l’inflation. Fin 2023, la pension moyenne de droit direct des retraités vivant en France atteignait 1 666 euros bruts par mois, soit 1 541 euros nets, selon la DREES. Mais dépasser cette moyenne suffit-il à être considéré comme aisé ?

Pour Gaëtan Cochard, directeur du développement et expert retraite chez Kereis Expertises, 2 000 euros nets par mois peuvent offrir une situation confortable à certains retraités, car ce niveau de pension se situe au-dessus de la moyenne. Cependant, il estime que ce chiffre ne suffit pas à caractériser l’aisance. Selon lui, la zone de l’aisance se situerait plutôt entre 3 000 et 5 000 euros par mois.

Il est important de tenir compte des dépenses du retraité, notamment du lieu de résidence. Pour un couple vivant en province, propriétaire, sans crédit ni enfant à charge, environ 3 000 euros mensuels peuvent permettre de vivre confortablement. À Paris, où le coût du logement est plus élevé, le même revenu ne laisse pas nécessairement le même reste à vivre.

Faute de barème officiel, plusieurs critères permettent de situer le niveau de vie des retraités. Celui-ci atteignait en médiane 26 830 euros par an en 2024, soit environ 2 236 euros par mois. En 2026, un retraité vivant seul commence à payer son taux le plus élevé de 8,3 % lorsque son revenu fiscal de référence dépasse 26 472 euros par an.

La carrière des retraités influence également les écarts. Pour les anciens cadres du privé aux rémunérations élevées, l’Agirc-Arrco peut représenter « la moitié, voire les deux tiers » de la retraite totale. À noter que l’éventuelle sous-indexation concernerait la retraite de base, plafonnée à 2 002,50 euros bruts par mois pour un départ en 2026.

Enfin, le patrimoine peut modifier la situation. Certains indépendants, avec une retraite obligatoire plus faible, peuvent disposer de revenus tirés de placements ou de l’immobilier. Ainsi, logement, patrimoine et endettement expliquent pourquoi deux retraités percevant la même pension peuvent avoir des niveaux de vie très différents.

Les enjeux sont significatifs. Selon les simulations de Gaëtan Cochard, avec une inflation de 2 %, une sous-indexation de 1 point de la retraite de base ferait perdre 198 euros sur un an à un retraité percevant 3 000 euros bruts par mois. Pour une retraite de 4 000 euros, la perte atteindrait 234 euros.

Ainsi, pour déterminer si l’on est un retraité aisé, une fourchette de 3 000 à 5 000 euros de revenus mensuels paraît pertinente. Toutefois, il est crucial de prendre en compte les charges, le logement, les crédits, les revenus du conjoint et ceux du patrimoine pour apprécier le niveau de vie réel du retraité.

(Source : Capital)

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