Aux Franciscaines de Deauville, Monet et ses héritiers dans une bulle de verdure

Aux Franciscaines de Deauville : Monet et ses héritiers dans une bulle de verdure

Les derniers jardins de Claude Monet continuent d’inspirer des générations d’artistes. Depuis un siècle, leurs eaux frémissantes, leurs feuillages aux contours dissous et leurs infinis jeux de lumière nourrissent l’imaginaire créatif à l’échelle mondiale.

À l’occasion du centenaire de la mort du peintre, la nouvelle exposition des Franciscaines de Deauville, qui présente également un parcours dédié à Raoul Dufy, explore cette influence durable. Ce parcours immersif, riche en chlorophylle, est marqué par la qualité exceptionnelle des œuvres prêtées et les dialogues subtils entre elles.

L’exposition propose une rare occasion d’admirer quatre chefs-d’œuvre de Monet : un tondo de Nymphéas (1907), des Glycines (1919-1920), Nymphéas et agapanthes (1914-1917), et Bassin aux nymphéas, harmonie verte (1899). Ce dernier chef-d’œuvre rejoindra fin septembre l’exposition « Monet, peindre le temps » à l’Orangerie, laissant place à sa variante Harmonie rose (1900).

Les Glycines se distinguent par leur traitement libre sur fond mauve, créant une impression de luminosité. Leur histoire est intimement liée à celle des Nymphéas, avec un projet antérieur d’installation à l’hôtel Biron, aujourd’hui musée Rodin. Présentées face à Harmonie verte, elles font écho à ce projet avorté.

L’exposition a été conçue comme un « bol de verdure », visant à retrouver l’immersion créée par les Nymphéas de l’Orangerie, tout en rendant hommage à l’impact de Monet à travers le monde.

Les commissaires ont choisi de présenter six artistes considérés comme héritiers de Monet, parmi lesquels Abdallah Benanteur, un maître de la modernité algérienne, qui est mis en dialogue avec Monet pour la première fois. Ses œuvres, inspirées par des influences variées, témoignent de l’admiration qu’il portait au maître de Giverny.

Hiramatsu Reiji, un artiste japonais, présente également des œuvres qui réinterprètent les motifs monétistes avec des techniques traditionnelles nipponnes. Son travail, réalisé sur papier de mûrier avec des pigments naturels et de l’encre sumi, évoque la poésie de l’éphémère.

Jean Paul Riopelle, quant à lui, est représenté par des mosaïques de peinture qui, bien que différentes des harmonies délicates de Monet, évoquent une fragmentation de la touche similaire.

Le parcours est enrichi de photographies de Bernard Plossu, Jorma Puranen et Jean Gaumy, chacune abordant à sa manière la relation entre eau, lumière et verdure.

L’exposition Claude Monet. Des jardins en héritage se tiendra du 11 juillet au 1er novembre 2026 aux Franciscaines, situées à Deauville.

Source : Beaux Arts

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