Mondial 2026 : pourquoi le manque de moyens financiers plombe les équipes africaines
Alors que le Mondial de football se poursuit avec de nouveaux matchs prévus ce mercredi, un point crucial attire l’attention : le financement des équipes. Ce facteur déterminant pour la compétition met en lumière le manque de moyens et la fuite des talents qui affectent les chances de nombreux pays africains.
Le football est une histoire de talents, et les équipes africaines en regorgent. Pour la première fois, dix pays africains ont été sélectionnés pour cette Coupe du monde, et les joueurs africains sont célébrés à travers le monde. Cependant, depuis la création de la Coupe du monde, aucune équipe africaine n’a remporté le trophée. Ce paradoxe soulève des questions.
L’Afrique produit des talents, mais ne possède pas encore l’écosystème nécessaire pour capitaliser sur ses jeunes footballeurs. Actuellement, 97% de la valeur des effectifs africains présents au Mondial est détenue hors d’Afrique, estimée à 2,4 milliards d’euros. En parallèle, l’ensemble des clubs africains génère moins de 400 millions de dollars de revenus annuels, un montant inférieur aux revenus d’un seul des cinq plus grands clubs européens. Pour mettre cela en perspective, la Premier League génère plusieurs milliards de livres de revenus cumulés par saison, comme le soulignent deux études d’Harvard.
Le paradoxe est donc structurel. L’Afrique exporte ses talents, mais ne dispose pas de la machine économique pour les valoriser. Cela évoque une économie qui exporte ses matières premières sans développer toute la chaîne de production. Le talent est africain, mais la chaîne économique est largement européenne.
Le football : une industrie mondiale
Pour rivaliser au plus haut niveau, il est essentiel de disposer d’infrastructures, de revenus, de centres de formation, et surtout de l’expérience d’affronter les meilleures équipes. La Coupe du monde met en exergue ce déséquilibre : une équipe africaine peut triompher d’une grande nation lors d’un match, mais pour remporter un tournoi, il faut un système capable de produire des champions sur plusieurs générations.
Les fédérations africaines ont besoin de revenus pour offrir aux joueurs des conditions optimales de formation et d’exercice. Or, lorsqu’elles vendent un joueur à l’international, l’indemnité de formation et la contribution de solidarité, qui représentent 5% de chaque transfert international reversé aux clubs formateurs, ne compensent pas les pertes. En effet, un joueur vendu à 150 000 euros peut valoir 30 millions quelques années plus tard, une richesse créée en Afrique mais captée ailleurs.
Redistribution des droits TV des compétitions africaines
Historiquement, les droits médias des compétitions africaines ont été récupérés hors du continent. La Confédération africaine de football a récemment signé un nombre record de droits médias pour la dernière Coupe d’Afrique des nations au Maroc afin de mieux développer les infrastructures et les talents du football sur le continent. Cependant, de nombreuses compétitions sont restées inaccessibles aux chaînes africaines, qui ont lancé un appel pour que les téléspectateurs ne soient pas contraints de souscrire à des chaînes privées ou étrangères pour suivre les compétitions.
Source : RFI
