Blanchiment d’argent et financement du terrorisme : Monaco veut lutter plus efficacement contre cette « menace sourde »
Ce lundi 27 juillet 2026, le secrétaire d’État à la justice de Monaco a réaffirmé la volonté de la principauté de sortir de la « liste grise de surveillance renforcée » du GAFI, dont la prochaine audience est prévue en octobre prochain.
Monaco ne souhaite plus figurer sur cette liste, à laquelle elle a été ajoutée en juin 2024. L’organisme de lutte anti-blanchiment y a identifié plusieurs domaines nécessitant des améliorations : le blanchiment d’argent, la fraude fiscale à l’étranger, la saisie des avoirs criminels, ainsi que l’attribution adéquate de ressources aux magistrats. Il a également souligné la nécessité d’appliquer des sanctions efficaces et dissuasives, et d’accroître la saisie des biens soupçonnés de provenir d’activités criminelles.
Le 16 juin 2026, Samuel Vuelta Simon a souligné, lors d’un discours au Conseil de l’Europe, que « le blanchiment d’argent est une menace sourde qui salit, qui corrompt, qui appauvrit et détruit les États. » Il a également noté que ce phénomène finance d’autres menaces majeures telles que le terrorisme et la corruption.
Pour renforcer ses efforts contre le blanchiment de capitaux, le parquet de Monaco a mis en place des mes récentes, dont une réforme adoptée fin juin 2026. Cette réforme permet à une personne reconnue coupable de blanchiment de bénéficier d’un espace de transaction, impliquant le paiement d’une amende pénale pour arrêter la procédure.
Le secrétaire d’État espère que cette réforme permettra à Monaco de sortir de la « liste grise » du GAFI lors de la prochaine réunion plénière. Il a précisé : « Nous sommes en dernière étape de ce processus. En septembre, nous comptons démontrer que toutes les promesses faites ont été tenues. »
Cependant, des experts demeurent sceptiques. Audrey Goutard, journaliste à France Télévisions, note que l’Europe considère Monaco comme présentant un fort potentiel de blanchiment d’argent, ce qui indique un non-respect des règles européennes en la matière. L’an passé, la Commission Européenne envisageait même d’inscrire Monaco sur la « liste des juridictions de pays tiers à haut risque. »
Bruxelles a souligné des insuffisances dans les dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. La capacité de la principauté à convaincre ses partenaires européens de ses efforts sera mise à l’épreuve en octobre prochain.
Source : France 3 Régions