Publié le 1 septembre 2026 à 20h24 – Dernière mise à jour le 1 septembre 2026 à 20h26
À l’approche de 2027, Mohamed Laqhila appelle à dépasser les frontières traditionnelles du centre pour bâtir un large rassemblement républicain. Pour l’ancien député des Bouches-du-Rhône, ce « troisième bloc » ne peut se limiter au rejet du RN et de LFI : il doit d’abord se construire autour d’un projet commun.

Je viens du centre. J’en connais la culture, les convictions, les forces et parfois les limites. J’ai toujours cru au dialogue, au compromis, au dépassement des clivages lorsqu’il permet d’avancer. Mais à l’approche de 2027, une conviction s’impose à moi : le centre, à lui seul, ne suffira pas. Notre paysage politique s’est profondément recomposé.
Deux blocs se sont installés durablement dans le pays. Le premier autour du Rassemblement national. Le second autour de La France insoumise et de sa stratégie de rupture. Si nous laissons le reste du pays se présenter divisé, nous prenons un risque immense.
Le troisième bloc ne peut donc pas être simplement celui du centre. Il doit être beaucoup plus large, allant de la gauche raisonnable à la droite fréquentable. Cette réalité politique traduit l’existence de millions de Français attachés à des valeurs essentielles telles que la République, la démocratie représentative, l’Europe, et la laïcité.
Il ne s’agit pas de nier nos différences. Un social-démocrate ne pense pas comme un libéral. Mais, dans nos territoires, cette culture de compromis existe encore. À Marseille, à Aix, les citoyens veulent des solutions qui fonctionnent, qu’elles soient de droite ou de gauche.
Nous ne reconstruirons aucune confiance si nous continuons à promettre tout à tout le monde. La France ne peut durablement dépenser plus qu’elle ne produit. Remettre nos comptes en ordre ne veut pas dire démanteler notre modèle social, mais créer les conditions pour le sauver.
Le débat mérite d’être ouvert. Nous ne pourrons probablement pas arriver en 2027 avec plusieurs candidatures concurrentes qui se disputeraient les mêmes électeurs. Avant de choisir une personne, il faut construire un projet. Le troisième bloc ne peut pas se limiter à un programme de rejet.
Il faut proposer aux Français une France qui travaille, qui protège sans assister, et qui assume son identité républicaine. Sortir des logiques d’appareil est essentiel. Cela nécessitera des renoncements personnels et un véritable engagement collectif.
Le temps n’est plus aux petites frontières. Il est au rassemblement pour offrir à la France autre chose qu’un choix entre deux impasses.
Mohamed Laqhila est expert-comptable et commissaire aux comptes – Ancien vice-président de la commission des finances de l’Assemblée nationale – Député des Bouches-du-Rhône (juin 2017 – juin 2024)

