Comment faciliter la mobilité des compétences entre la Tunisie et la France ?
En Tunisie, l’été est marqué par le retour des Tunisiens résidant à l’étranger, apportant avec eux des devises considérables pour le pays, estimées à près de 7,8 milliards de dinars (environ 2,3 milliards d’euros) selon la Banque centrale tunisienne. Les acteurs du secteur de la migration et de la diaspora souhaitent cependant maximiser les échanges entre la Tunisie et la France pour transformer le pays en un acteur économique au-delà des simples vacances.
Face à un vieillissement de la population en Europe, la Tunisie se présente comme un réservoir de compétences pour le travail saisonnier. Hélène Hammouda, responsable du projet TAM à l’Office français de l’immigration et de l’intégration, souligne l’existence de contrats adaptés, tels que le contrat saisonnier, qui permet à un individu de travailler six mois par an en France tout en maintenant sa résidence en Tunisie. Elle évoque également le contrat jeune professionnel, facilitant l’accès au marché du travail français, avec l’obligation de retour pour ces travailleurs.
Actuellement, environ 10 000 professionnels circulent entre les deux pays. L’Office français de l’immigration et de l’intégration s’efforce de développer la mobilité dans des secteurs encore peu exploités, comme le transport et la logistique, ainsi que dans les métiers du soin, en collaboration avec les autorités tunisiennes.
La question du chômage, touchant près d’un tiers des jeunes diplômés tunisiens, pousse également l’Agence nationale pour l’emploi et le travail indépendant (ANETI) à promouvoir le travail à l’étranger. Hatem Dahmen, directeur général de l’ANETI, indique que la Tunisie a établi plusieurs accords de partenariat cadre avec des pays tels que l’Italie, la France, l’Allemagne et la Libye, pour soutenir les demandeurs d’emploi.
Du côté français, les travailleurs tunisiens déjà établis souhaitent une plus grande flexibilité pour maintenir des liens avec leur pays d’origine et investir en Tunisie. Walid Belhaj Amor, membre du conseil d’administration de l’Association tunisienne des grandes écoles (ATUGE), plaide pour une législation plus souple sur le télétravail, notant l’absence d’accord transfrontalier dans ce domaine. Il propose d’établir un cadre de télétravail entre la Tunisie, la France et l’Europe.
Cependant, la mobilité des compétences entre les deux pays reste limitée par des contraintes administratives et fiscales en Tunisie, malgré les avantages qu’elle pourrait offrir tant sur le plan économique que professionnel.
Source : RFI



