Mobilisation des buralistes : 41,4 % de cigarettes de contrebande en France
MURET (Sud-Ouest) – Ce lundi 7 septembre, plus de 500 buralistes se rassemblent à Muret, au sud de Toulouse, pour exprimer leur mécontentement face à l’explosion du marché noir des cigarettes et à l’augmentation continue des prix. Frédéric Pailhé, président de la Fédération des buralistes de Haute-Garonne et d’Occitanie, souligne la nécessité d’agir pour défendre un réseau commercial de proximité de plus en plus menacé.
La situation économique des buralistes est alarmante. « Nous subissons des augmentations de charges et des taxes chaque année. Le trafic de tabac explose. On ne peut plus continuer comme ça », déclare Pailhé. Lors de ce rassemblement, les buralistes exigent un moratoire sur la hausse des prix du tabac, ainsi que la suppression de l’indexation sur l’inflation.
La question se pose : un simple gel des prix suffira-t-il à sauver la profession ? Pailhé estime que ce n’est qu’une première étape. Il cite l’exemple de la Belgique, où l’augmentation de 2 € du paquet de cigarettes a permis de réduire l’écart de prix avec la France. En conséquence, les ventes des buralistes frontaliers ont augmenté de 30 %. En France, 41,4 % des cigarettes proviennent de la contrebande, un phénomène alimenté par un gouffre tarifaire insupportable.
Les buralistes estiment que la politique de santé publique actuelle favorise cette contrebande. « Pour une politique de santé cohérente, l’écart de prix avec les pays voisins ne devrait pas dépasser 20 %. Chaque augmentation de prix réduit les recettes fiscales nettes de l’État », précise Pailhé.
La baisse des ventes de tabac impacte directement la profession. Depuis l’an 2000, le nombre de buralistes en France a chuté de 34 000 à 22 500. En Haute-Garonne, la perte moyenne est d’environ un établissement par an dans les zones rurales. Pailhé souligne que lorsqu’un buraliste ferme, c’est souvent le dernier commerce de proximité qui disparaît, affectant ainsi la vie sociale des villages.
Le rassemblement à Muret vise également à montrer que cette problématique touche l’ensemble du territoire, pas seulement les grandes métropoles. Les inscriptions pour l’événement ont déjà dépassé les 550 participants, avec des cars venant de Bordeaux et du Pays basque.
Ce mouvement de mobilisation s’inscrit dans un contexte de ras-le-bol général et d’attente de réponses fermes de la part des pouvoirs publics pour sauvegarder l’avenir des buralistes.
Source : La Dépêche

