Ils ne cherchent pas les bénéfices pour la population, ils veulent juste gagner de l’argent
Ces centres de données, nécessaires notamment pour l’industrie de l’intelligence artificielle, sont particulièrement énergivores. Leur développement, peu régulé, inquiète les habitants, comme ici, près d’Atlanta, en Géorgie.
Aux États-Unis, la construction de data centers, indispensables au fonctionnement de l’intelligence artificielle, est en pleine expansion. En Géorgie, par exemple, il existe déjà 150 de ces installations pour une population de onze millions d’habitants. Cependant, cette croissance rapide suscite des inquiétudes parmi les résidents. À Marietta, près d’Atlanta, une mobilisation s’organise contre un projet de nouveau centre de données.
Lors d’une réunion publique, tous les participants expriment leur opposition au futur centre. Jean Alldred, une retraitée, redoute une hausse de sa facture d’électricité : « La Géorgie est un État où il fait déjà très chaud. Cela signifie qu’ils auront besoin de plus de ventilateurs pour refroidir les serveurs. Contrôler la température et donc la consommation d’électricité, c’est un gros défi », souligne-t-elle.
Les habitants se méfient également de la mairie, jugée peu vigilante, qui attire les entreprises avec des avantages fiscaux. Gabriel Sanchez, élu démocrate socialiste, dénonce : « Les centres de données promettent beaucoup, mais une fois qu’ils ont leur accord, ils ne tiennent pas leurs engagements ! Ici, les responsables du projet ont commencé à tout démolir à l’intérieur du bâtiment existant pour le transformer, alors qu’ils n’avaient aucun permis, aucune autorisation. »
Les inquiétudes sont partagées par de nombreux résidents. Ils estiment que les entreprises ne cherchent pas à bénéficier à la communauté, mais uniquement à réaliser des profits. Gabriel Sanchez affirme : « Clairement, ils passent en force. C’est leur seule motivation. »
À Marietta, les habitants ont réussi à obtenir un gel des nouveaux projets pour six mois. Chris Harden, un résident, réclame une réglementation plus stricte au niveau fédéral : « Le fait qu’ils agissent aussi vite donne l’impression qu’ils nous cachent des choses. Il faut des moratoires pour faire une pause, y voir plus clair et obtenir plus d’informations sur les risques pour la santé et l’environnement. »
Les interrogations sur l’avenir de l’intelligence artificielle persistent. Darcy Castro, candidate démocrate au Sénat, rappelle : « Nous avons vécu l’essor et l’éclatement de la bulle Internet dans les années 90. Il est possible que l’IA soit aussi une bulle spéculative et qu’elle éclate, entraînant une récession. »
En revanche, les géants de la technologie, comme OpenAI, continuent d’investir massivement. La société a récemment annoncé la création d’un centre de plus de trois gigawatts au sud de la Géorgie, qui pourrait devenir l’un des plus grands du pays.
Source : Franceinfo


