Sans soutien fédéral, la recherche axée sur la curiosité risque d’être compromise, avertit la présidente du MIT
Lors d’un événement en direct organisé par The Washington Post, la présidente du Massachusetts Institute of Technology (MIT), Sally Kornbluth, a exprimé ses inquiétudes concernant l’avenir de la recherche aux États-Unis, soulignant que l’absence de financement fédéral pourrait assécher le pipeline d’innovation et de talents qui a contribué à la prospérité et à la sécurité de la nation.
Au cours de la discussion intitulée « The Next Generation », modérée par le journaliste Zachary Goldfarb, Kornbluth et Michael Crow, président de l’Arizona State University (ASU), ont abordé l’importance de la recherche axée sur la curiosité et comment les universités préparent la prochaine génération de scientifiques à diriger dans un paysage technologique en rapide évolution. Kornbluth a déclaré : « De nombreuses avancées médicales et technologiques que nous utilisons aujourd’hui proviennent de décennies de recherche scientifique. »
Elle a également mis en avant le programme éducatif du MIT, qui se concentre sur l’enseignement de compétences fondamentales applicables à divers progrès technologiques, des compétences essentielles pour évoluer dans un monde de plus en plus dominé par l’intelligence artificielle (IA). Kornbluth a précisé que les disciplines traditionnelles ne sont pas obsolètes, mais que leur approche doit évoluer pour inclure des objectifs éducatifs moraux et éthiques.
Kornbluth a souligné l’importance d’une approche centrée sur l’humain en matière d’IA, en déclarant : « Nous voulons que les étudiants puissent utiliser l’IA comme un outil d’augmentation tout en continuant à construire des choses. » Elle a insisté sur la nécessité d’enseigner aux étudiants et aux enseignants à utiliser l’IA de manière responsable, en mettant l’accent sur le travail d’équipe et la collaboration.
Concernant le financement fédéral, Kornbluth a noté que bien que des fonds aient été alloués aux universités, ils n’ont pas encore été libérés. Elle a averti que le gel des fonds pourrait avoir des conséquences sur les recherches essentielles, prenant comme exemple les traitements du diabète qui nécessitent des décennies de recherche pour aboutir à des avancées significatives.
Kornbluth a également souligné l’impact économique du MIT, indiquant que l’institution a généré plus de 30 000 entreprises, contribuant ainsi à l’économie nationale. Elle a précisé que 20 % de la promotion 2029 du MIT sont des étudiants de première génération, affirmant que l’éducation est le meilleur moyen de mobilité économique.
En conclusion, Kornbluth a exprimé son espoir que le MIT continue d’innover et d’éduquer pour les 250 prochaines années, en renforçant son impact au-delà de ses murs et en ayant un effet scientifique bénéfique sur la société.
Source : MIT News
