Mission Swift Boost : un sauvetage d’urgence pour le télescope spatial de la NASA
Le télescope spatial Swift de la NASA, qui se trouve actuellement à une altitude de 360 km, est en danger de tomber dans l’atmosphère terrestre à l’automne 2026 si aucune action n’est entreprise. Ce satellite, dédié à l’observation des explosions les plus énergétiques de l’univers, a épuisé son carburant et n’a plus de système de propulsion pour corriger sa trajectoire. Il subit les effets d’un maximum solaire particulièrement intense, qui a dilaté les couches supérieures de l’atmosphère, augmentant la traînée aérodynamique qu’il subit. En conséquence, Swift est en chute libre, et son retour atmosphérique destructeur semble inévitable sans intervention.
Pour la NASA, abandonner cet outil scientifique est inenvisageable. Nicky Fox, directrice des missions scientifiques de l’agence, a déclaré : « Si nous laissons Swift pénétrer dans l’atmosphère, nous perdrons des capacités uniques et nous n’avons pas le budget pour construire un remplaçant ». En février dernier, les ingénieurs ont suspendu les observations et réorienté le télescope pour minimiser la friction de l’air, gagnant ainsi quelques semaines précieuses.
La réponse à cette crise a été confiée à la start-up Katalyst Space Technologies, qui a développé un robot nommé LINK, un remorqueur de 400 kg équipé de trois bras robotiques. La mission, baptisée Swift Boost, a été conçue dans l’urgence, avec un budget estimé à seulement 30 millions de dollars. Ce montant est modeste par rapport aux budgets habituels des missions spatiales, qui dépassent souvent les 100 millions de dollars. Le lancement est prévu depuis l’atoll de Kwajalein, dans les îles Marshall, utilisant la fusée Pegasus XL de Northrop Grumman, qui sera larguée en vol par un avion porteur.
Une fois en orbite, LINK devra réaliser une manœuvre complexe pour agripper Swift, une opération qui n’a jamais été réalisée sur un satellite non conçu pour être capturé. Si l’amarrage réussit, le robot allumera ses propulseurs pour remonter le télescope à une altitude stable de 600 km. Cette opération doit être réalisée rapidement, car si Swift descend en dessous de 300 km, la densité de l’atmosphère rendra le remorquage impossible.
Au-delà de la survie de Swift, cette mission représente un enjeu stratégique. C’est la première fois que les États-Unis tenteront un rendez-vous autonome et commercial pour sauver un satellite non coopératif avec des moyens aussi limités. Si cette opération réussit, elle pourrait ouvrir la voie à une nouvelle ère de gestion des débris spatiaux et de maintenance des satellites, avec Hubble comme prochain candidat potentiel pour un remorqueur.
Source : Les Numériques