Mineurs délinquants, enfants placés aux « vulnérabilités multiples » : comment fonctionnent les nouvelles unités judiciaires à priorité éducatives
Annoncée il y a un peu moins d’un an, la refonte du placement pénal des mineurs se concrétise depuis ce début septembre. En remplacement des centres éducatifs fermés, 85 Unités Judiciaires à Priorité Éducative (UJPE) ont ouvert en France. Elles accueillent tous les mineurs suivis par la protection judiciaire de la jeunesse, quelle qu’en soit la raison. L’unité de Limoges est spécialisée dans l’accompagnement des victimes de réseaux d’exploitation sexuelle.
Jusqu’à présent, la protection judiciaire de la jeunesse se divisait entre foyers et centres éducatifs fermés. Les UJPE unifient ces structures en un modèle unique, individualisant le régime de vie des jeunes sur la base de la décision judiciaire. Le directeur de la PJJ, Thomas Lesueur, souligne que c’est désormais le juge qui détermine les conditions de sortie et de scolarisation des jeunes.
Depuis le 1er septembre, l’unité de Limoges, anciennement foyer d’accueil, accueille une dizaine de mineurs, placés sur décision de justice en raison de dangers dans leur milieu familial ou d’infractions commises. Ils bénéficient d’un encadrement par une vingtaine de professionnels, incluant psychologues, éducateurs, assistantes sociales, ainsi qu’un enseignant et une infirmière.
Selon les chiffres du ministère de la Justice, 56 % des jeunes suivis par la PJJ sont déscolarisés, et 24 % déclarent des problèmes de santé. Les centres éducatifs fermés, créés en 2002 comme alternative à l’incarcération des mineurs délinquants multirécidivistes, n’ont pas prouvé leur efficacité, affichant des taux de récidive importants et un manque de suivi scolaire.
Les UJPE se concentrent sur le soin et l’accompagnement. Les éducateurs, comme Alice Mercier, mettent l’accent sur la nécessité de redonner un sentiment d’utilité aux jeunes, souvent confrontés à des vulnérabilités multiples. La prise en charge des jeunes victimes de réseaux d’exploitation sexuelle devient une priorité, avec des stratégies mises en place pour les accompagner vers des soins appropriés.
Maéva Rousseau, directrice de l’UIPE de Limoges, explique que l’insertion ne peut se faire qu’après avoir résolu des problématiques fondamentales. La reconnaissance de la place de victime est également un axe essentiel du travail, nécessitant du temps et des stratégies adaptées.
Dans cette nouvelle structure, les mineurs disposent d’un cadre de vie individualisé, leur liberté de mouvement étant conditionnée par la décision de justice qui les a amenés là.
Source : France 3 Limousin.

