A Échassières dans l’Allier, la gigantesque mine de lithium d’Imerys va-t-elle enfin voir le jour ?

À Échassières dans l’Allier, la gigantesque mine de lithium d’Imerys va-t-elle enfin voir le jour ?

La reconstruction de la souveraineté industrielle française pourrait passer par le département de l’Allier. À Échassières, à une dizaine de kilomètres de Montluçon, le projet d’ouverture d’une mine de lithium, nommé EMILI, a récemment franchi une étape importante. Le 26 juin dernier, la commission d’enquête désignée par le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rendu un avis favorable concernant la demande de concession minière déposée par la société Imerys.

Ce projet ne se limite pas à la région Auvergne Rhône-Alpes et pourrait devenir un symbole pour l’exécutif. Le 22 avril, Emmanuel Macron a visité le site de la future mine, qui fait partie des 150 projets industriels soutenus par l’État dans le cadre d’un dispositif d’accélération des industries stratégiques. Pour l’Élysée, ce projet représente une «incarnation de nos objectifs de souveraineté, illustrant concrètement la réduction des dépendances stratégiques européennes», visant à contrer la dépendance du pays vis-à-vis de la Chine, qui domine actuellement le marché des métaux rares.

Le ministre chargé de l’industrie, Sébastien Martin, a déclaré que «la Chine représente à lui tout seul 85 à 90 % de la production et du raffinage de beaucoup de métaux». Christel Bories, PDG d’Eramet, a souligné que la Chine détient «un contrôle total de la chaîne des métaux» au niveau mondial.

Des projets miniers qui prennent du temps

Pour renforcer sa souveraineté en matière de lithium et favoriser la transition écologique, la France a décidé d’explorer l’extraction de ces métaux rares sur son territoire. Toutefois, la mise en œuvre d’un tel projet minier nécessite du temps, pouvant s’étendre sur 10 à 15 ans, sans compter les diverses étapes administratives et réglementaires.

Pour la mine d’Échassières, la mise en production est envisagée pour 2030, avec une durée d’activité estimée à 50 ans. Une fois opérationnelle, cette exploitation devrait produire 34 000 tonnes par an d’hydroxyde de lithium, suffisant pour équiper environ 700 000 véhicules électriques en batteries «lithium-ion». Vincent Dufief, vice-président du groupe Imerys, a affirmé que ce projet pourrait répondre à une part significative de la demande européenne en lithium.

Un projet minier contesté

Cependant, le projet fait face à une forte opposition de la part des riverains et des associations environnementales. En mai dernier, 70 personnes ont manifesté sur la zone de la Loue à Saint-Victor, près du futur site d’exploitation, à l’initiative du Collectif contre l’extractivisme 03-63. Vincent Dufief a minimisé l’impact du projet, indiquant que des choix industriels avaient été faits pour le rendre acceptable, tels qu’une mine souterraine et le transport du minerai par rail.

Cette question de l’extraction de minerais critiques est devenue un enjeu national, avec un sondage révélant que deux tiers des Français estiment que le pays est trop dépendant de l’étranger pour ces ressources. Plus de 70 % des Français soutiennent la relance de l’activité minière et des capacités de raffinage en France.

Les discussions autour des minerais critiques ont également pris une dimension internationale, comme en témoigne la déclaration commune des chefs d’États du G7 sur la sécurisation des chaînes d’approvisionnement. Les États ont convenu d’investir jusqu’à 64 milliards d’euros pour soutenir 195 projets à l’échelle mondiale, avec pour objectif de contrer l’hégémonie chinoise dans le secteur des terres rares.

Source : Capital

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