Le Passage : un film choral sur la migration clandestine
La dure réalité de ceux qui ont fui le conflit syrien, en rejoignant les côtes européennes, est racontée à travers cinq perspectives. Les drames de l’immigration clandestine sont ainsi dépeints dans un suspense qui en souligne,
Publié le 07/07/2026
Le film Le Passage, réalisé par Brandt Andersen, sortira dans les salles françaises le 8 juillet 2026. Il raconte le périple dangereux d’une médecin, d’un soldat et d’un poète fuyant la guerre civile en Syrie en 2015. Leur chemin croise ceux d’un passeur en Turquie et d’un garde-côte en Grèce.
L’histoire est narrée à travers les souvenirs d’Amira, interprétée par Yasmine Al Massri, qui se remémore les vies qu’elle tentait de sauver à Alep en 2015. Alors qu’elle s’apprête à célébrer son anniversaire, une explosion détruit son appartement, tuant ses proches. Amira et sa fille, Rasha, deviennent alors des réfugiées, rencontrant d’autres personnages en quête de sécurité, tels que Mustafa, un soldat en proie au doute, et Marwan, un passeur cynique.
Andersen utilise des narrations multiples pour illustrer les conditions de vie des Syriens fuyant la guerre, un sujet de plus en plus présent au cinéma. En délinéarisant son récit, le cinéaste crée un rythme soutenu, tout en abordant les problématiques de la migration clandestine. La perspective de Stavros, un garde-côte grec, met en lumière le traumatisme des sauveteurs face à la tragédie humaine qu’ils rencontrent.
Le film, prolongement du court-métrage Refugee (2020), met particulièrement en avant le sort des enfants, qui représentent une part significative des migrants. En 2024, l’Alliance internationale des données sur les enfants en mouvement (Idac) a rapporté que 37 millions d’enfants faisaient partie des 304 millions de migrants internationaux.
Le Passage se présente comme une œuvre immersive, permettant aux spectateurs de ressentir la souffrance des personnages. La photographie, souvent sombre, reflète l’angoisse et l’espoir qui habitent ces destins entrelacés. Le film sort quelques jours après un appel du pape Léon XIV pour une meilleure intégration des migrants en Europe, soulignant l’importance de ce sujet d’actualité.
Ce long-métrage rappelle que l’exil est souvent une nécessité tragique, un chemin parsemé de dangers pour échapper à des régimes autocratiques et à des conflits. La pièce de Shakespeare, Sir Thomas More, évoque déjà les souffrances des « malheureux étrangers », un écho poignant à la réalité contemporaine des migrants.
Source : Franceinfo