
Prendre trop souvent des antidouleurs pour calmer une migraine peut, paradoxalement, entretenir les maux de tête. Ce phénomène, encore méconnu, touche certains patients qui finissent par développer des céphalées chroniques liées à un usage excessif de médicaments. Explications.
Mal de tête, douleurs pulsatiles aggravées par chaque effort, nausées, hypersensibilité au bruit et aux odeurs. Les symptômes liés à la migraine sont souvent difficilement supportables pour ceux qui en souffrent et peuvent durer plusieurs jours. Cette situation peut mener à une surmédication chez des patients désespérés de se débarrasser de ces douleurs invalidantes. Cependant, un surdosage médicamenteux peut avoir l’effet inverse et enclencher un cercle vicieux, entraînant des céphalées pouvant devenir chroniques.
Chez de nombreux patients migraineux, le soulagement de la douleur est incomplet et réapparaît dans un délai de vingt-quatre à quarante-huit heures après la prise du traitement. Cela conduit certains à accroître leur consommation d’antidouleurs, un comportement qui peut provoquer l’installation d’une céphalée chronique. Ce trouble est défini par une douleur présente plus de quinze jours par mois et s’installe chez des sujets abusant de traitements depuis plus de trois mois, selon le manuel MSD.
Plusieurs classes de médicaments peuvent être à l’origine de ce phénomène d’accoutumance :
- Les opiacés
- Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)
- L’aspirine ou le paracétamol associés à de la caféine
- La codéine
- Les antalgiques contenant du butalbital
- L’ergotamine
- Les triptans
Le sevrage comme principale solution
Les douleurs se manifestent alors quotidiennement, souvent dès le réveil. La localisation et la nature de la souffrance varient d’un individu à l’autre. Les patients rapportent également des nausées, une irritabilité importante ainsi que des difficultés de concentration. Les scientifiques supposent que le mécanisme de la céphalée par abus médicamenteux implique une sensibilisation du système nerveux central, similaire à celle observée lors d’une crise de migraine classique.
Pour les personnes concernées, le traitement le plus simple reste le sevrage médicamenteux, généralement effectué à domicile, bien qu’une hospitalisation puisse être nécessaire. Cette transition peut provoquer une céphalée de rebond pouvant durer jusqu’à dix jours, selon l’association La Voix des Migraineux. Prudence donc avant d’abuser du Doliprane ou de l’aspirine !
Source : La Dépêche
