Migraine chez les enfants : défis scolaires et gestion des symptômes en France

Migraine chez l'enfant : une scolarité sous pression

Migraine chez l’enfant : une scolarité sous pression

Absences, décrochage, isolement. Une récente enquête de La Voix des Migraineux me concrètement l’impact de la migraine sur la vie des enfants et des jeunes adultes. Des chiffres qui donnent une nouvelle dimension à ce handicap invisible.

Cassandre Clément, migraineuse depuis l’âge de 12 ans, témoigne : « Au collège, les professeurs me faisaient des remarques blessantes, me soupçonnant de sécher « comme par hasard » les jours d’évaluation. Un jour, bloquée en crise sans accès aux soins faute d’infirmière présente, j’ai fini par m’évanouir de douleur. » Aujourd’hui âgée d’une vingtaine d’années, elle tente de reprendre ses études après une pause de quatre ans pour stabiliser sa maladie chronique.

28,3 % des enfants déscolarisés à cause de la migraine

Une enquête récente menée par La Voix des migraineux auprès de 159 parents d’enfants migraineux âgés de 4 à 17 ans révèle que 28,3 % des enfants ont déjà été déscolarisés en raison de leurs migraines. Même en classe, près de 80 % des enfants ont été empêchés de participer normalement aux activités scolaires à cause de leur maladie. Pour pallier ces difficultés, de nombreuses familles ont dû recourir à la déscolarisation ou au CNED.

Des études et une vie sociale mises à mal

Les difficultés rencontrées se prolongent à l’adolescence et dans les études supérieures. Parmi les 168 jeunes adultes de 18 à 25 ans interrogés, 30,1 % déclarent avoir manqué plus de dix jours d’études au cours des trois derniers mois. Près de la moitié (49,1 %) affirme avoir échoué à un ou plusieurs examens à cause de leurs migraines. Plus de 56 % rapportent avoir été confrontés à l’incompréhension d’enseignants ou de personnels scolaires.

La vie sociale est également affectée : 93 % des jeunes adultes interrogés ont manqué au moins une activité avec leurs amis au cours des trois derniers mois. Chez les enfants, 74,8 % des parents signalent que la migraine a déjà empêché leurs enfants de voir leurs amis.

À l’école, mieux prendre en compte la migraine

Le parcours de Cassandre illustre les difficultés d’accès aux soins en milieu scolaire. À 16 ans, elle fait une crise sévère sans accès à son traitement, ce qui l’amène à quitter sa formation. Elle a dû changer d’orientation, le toilettage étant exposé à des bruits déclencheurs de crises. 28 % des étudiants interrogés déclarent avoir dû changer d’orientation pour des raisons similaires. À l’université, Cassandre se sent plus soutenue grâce aux aménagements mis en place.

Sommeil, écrans et activité physique : les nouvelles pistes thérapeutiques

La migraine impacte également le sommeil : les patients migraineux présentent cinq fois plus de troubles du sommeil que la population générale, selon la spécialiste du sommeil Cécile Aerts. Un mauvais sommeil peut favoriser une crise, tandis que la migraine dégrade la qualité du sommeil. Les spécialistes recommandent un couvre-feu digital avant le coucher et une activité physique modérée pour réduire l’impact des migraines.

Sabine Debremaecker, présidente de La Voix des Migraineux, insiste sur le fait que « la migraine chez l’enfant ne peut plus être considérée comme un simple mal de tête ». L’association appelle à un diagnostic plus précoce et à une meilleure prise en charge.

Source : La Voix des Migraineux.

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