C’est devenu un cauchemar : la famille Wirth face aux fiss de leur maison
Dans cette commune près de Nancy, la famille Wirth voit son habitation se lézarder jour après jour depuis plus de dix ans. En cause : le phénomène de retrait-gonflement des argiles, une situation amplifiée par le réchauffement climatique.
Véronique Wirth, âgée de 68 ans, et son mari Nicolas résident à Pulligny, une petite commune de Meurthe-et-Moselle, depuis plus de vingt ans. Leur maison, située rue des Jardins, a connu sa première fis en 2015. Véronique se remémore : « Au début, ce n’était qu’une petite fis ». Cette fis s’est propagée au coin d’une fenêtre, puis sur un mur du salon, et enfin sur la façade. Aujourd’hui, elle déclare : « Ça craque ». Par précaution, le couple a déposé un dossier auprès de leur assurance, mais celui-ci n’a pas été reconnu par l’État.
Trois ans plus tard, en 2018, les fiss se sont multipliées. « C’est là que ça commence à se dégrader », se souvient Véronique. Les murs ont commencé à bouger, et la maison s’est mise à pencher en avant. Ce fut le début de leur véritable cauchemar. L’assurance a refusé de les indemniser, entraînant deux procès, dont l’un a été gagné et l’autre perdu. Pour la famille Wirth, cela représente une triple peine : ne pas être reconnue comme victime, devoir payer les frais de l’État, et voir leur maison se délabrer. « La maison est à peine habitable, et on vit quand même dedans. De toute façon, on n’a pas le choix », confie-t-elle.
Les inquiétudes sont omniprésentes : « Est-ce que ça va s’arrêter ? Est-ce que la maison est encore solide ? ». Pour Véronique, qui souffre de problèmes de santé, chaque fis devient une cicatrice rappelant que quelque chose ne va pas. La situation se dégrade avec les canicules à répétition et le manque d’eau, exacerbant les fiss. « Parfois, on peut même y passer la main », dit-elle, pointant une fis dans la véranda. Chaque année, l’angoisse grandit : « On me les trous, on prend des photos. Franchement, la situation est difficile à vivre. Notre maison ne vaut plus rien maintenant. On est bien conscient que cela vient de la sécheresse ».
Le phénomène de retrait-gonflement des argiles, ainsi que les mouvements de terrain, touche de plus en plus de maisons en Meurthe-et-Moselle. Selon les données de l’INSEE, les événements climatiques extrêmes, comme les sécheresses, deviennent de plus en plus fréquents dans la région, aggravant les problèmes structurels des habitations.
La famille Wirth est loin d’être la seule à subir les conséquences de cette situation. Les autorités locales sont désormais confrontées à un défi croissant alors que de nombreuses familles se retrouvent dans une situation similaire.
Source : France Télévisions


