Addiction aux réseaux sociaux : Meta de retour au tribunal aux États-Unis
Meta, la société mère de Facebook et Instagram, se retrouve à nouveau devant la justice américaine. À partir du 12 août, à Oakland, en Californie, une coalition de procureurs généraux s’attaque à la plateforme, affirmant que ses applications ont été délibérément conçues pour créer une addiction chez les mineurs. Les débats s’ouvriront le 18 août et se poursuivront pendant six semaines, jusqu’à fin septembre.
Les procureurs généraux de plusieurs États, dont la Californie, le Colorado, le Kentucky et le New Jersey, représentent une trentaine d’États ayant lancé des poursuites en 2023. L’objectif est de prouver que Meta a violé des lois de protection des consommateurs et des réglementations fédérales sur les données des enfants, notamment à travers des fonctionnalités telles que le défilement infini et les notifications nocturnes.
Vincent Joralemon, juriste à l’université de Berkeley, compare cette situation aux poursuites contre l’industrie du tabac dans les années 1990, qui ont conduit à des sanctions financières significatives et à des restrictions sur la publicité ciblant les jeunes. Les plaignants réclament des modifications substantielles des opérations d’Instagram et Facebook pour les mineurs, avec des amendes pouvant atteindre 1 400 milliards de dollars, un montant jugé « déraisonnable » par la juge en charge de l’affaire.
Le jury, dont le rôle sera consultatif, n’aura pas le dernier mot sur les pénalités, qui seront déterminées par la juge Yvonne Gonzalez Rogers. Parmi les témoins attendus figure Mark Zuckerberg, le PDG de Meta, dont la comparution pourrait s’avérer accablante pour l’entreprise.
Meta conteste fermement les accusations, affirmant que la santé mentale des jeunes ne peut être attribuée à une seule application et que l’usage problématique des réseaux sociaux n’est pas reconnu comme une addiction médicalement. L’enjeu de ce procès sera de déterminer l’écart entre ce que Meta savait de ses produits et ce qu’il en disait publiquement, un sujet déjà soulevé par la lanceuse d’alerte Frances Haugen.
En parallèle, d’autres plateformes telles que YouTube, Snap et TikTok font également l’objet de plaintes similaires. Les conséquences de ces procédures pourraient s’étendre sur plusieurs années, avec des impacts significatifs sur la manière dont ces entreprises opèrent et interagissent avec les jeunes utilisateurs.
Source : France 24



