Meta aurait laissé l'IA décider des licenciements

Meta : l’IA au cœur des licenciements controversés

En mai 2024, Meta a procédé à des licenciements massifs touchant 8 000 employés, représentant 10 % de ses effectifs. Une plainte collective déposée en juillet devant le tribunal fédéral de Californie par 26 salariés actuels et anciens affirme que ces décisions n’auraient pas été prises par des managers, mais par une « constellation de systèmes d’intelligence artificielle interne ». Cette technologie aurait pénalisé de manière systématique les employés en congé maternité, médical ou en situation de handicap, en violation des lois fédérales américaines.

La plainte met en lumière un système technique complexe déployé par Meta pour sélectionner les salariés à licencier. Au centre de ce dispositif se trouve Metamate, un bot chargé d’agréger les données de performance. Ce dernier s’appuie sur des agents « second-brain », des outils de surveillance des frappes clavier et de l’activité souris, ainsi que des tableaux de bord mesurant la consommation de tokens IA par chaque salarié. Les plaignants soutiennent que Meta n’a pas élaboré la liste des licenciements par le jugement éclairé de managers, mais a plutôt utilisé des systèmes d’IA pour noter et classer les employés.

Metamate centralise les métriques de productivité sans faire la distinction entre les absences protégées par la loi et les baisses de performance. Ainsi, une femme enceinte en congé pré-naissance a été classée comme « sous-performante » en raison de l’absence de métriques durant son congé.

Début 2024, Meta a lancé un programme de surveillance des données, incluant les frappes clavier et l’historique de navigation, sans consentement explicite des employés. Ce programme a été suspendu après qu’un groupe de plus de 1 600 employés a signé une pétition contre ces violations de la vie privée, mais les données collectées ont été utilisées pour les licenciements de mai.

Meta a également introduit des tableaux de bord mesurant la consommation de tokens IA, considérant les employés comme « AI Native » en fonction de leur utilisation des outils d’IA. Les employés en congé médical ou familial n’ont pas pu accumuler ces métriques, ce qui a conduit à leur licenciement.

La plainte souligne que les systèmes d’IA de Meta n’ont pas été configurés pour neutraliser les congés protégés, entraînant des conséquences pour les employés exerçant leurs droits légaux. Le Family and Medical Leave Act garantit le droit à des congés médicaux sans représailles, mais les algorithmes de Meta ont traité ces absences comme des périodes de sous-performance.

Face à ces accusations, un porte-parole de Meta a déclaré que les décisions étaient prises par des humains et non par l’IA. Cependant, la plainte documente la dépendance de l’entreprise à des systèmes algorithmiques pour la gestion des licenciements, soulevant des questions sur la responsabilité et la transparence des processus décisionnels.

Source : The Guardian, CNBC, Ars Technica

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