Accusée d’avoir tué ses trois enfants, cette mère consignait ses « horribles pensées intrusives » dans un journal
Lindsay Clancy, une mère de 35 ans, est actuellement jugée dans le Massachusetts pour le meurtre de ses trois enfants, Cora, 5 ans, Dawson, 3 ans, et Callan, 8 mois, retrouvés morts dans leur maison le 24 janvier 2023. Quelques semaines avant ces tragiques événements, elle tenait un journal dans lequel elle documentait son état mental, ses médicaments et ses symptômes.
Ce journal est devenu un élément central de son procès. Les avocats de Clancy ne contestent pas qu’elle a tué ses enfants, mais soutiennent qu’elle souffrait d’une psychose du post-partum qui l’aurait rendue incapable de comprendre ses actes. L’accusation, en revanche, affirme que Lindsay Clancy a agi de manière consciente et préméditée.
Un état mental en dégradation
Dans son carnet, Lindsay Clancy note des prises de médicaments, dont 5 mg de Valium et 75 mg de Seroquel, un antipsychotique, et décrit des journées marquées par une dépression intense et des « pensées intrusives ». Le 8 décembre 2022, elle se décrit comme « très déprimée » et mentionne des « pensées intrusives horribles » après une augmentation de son traitement.
D’autres documents montrent qu’elle surveillait son humeur et s’informait sur les troubles anxieux post-partum, ce que ses avocats interprètent comme une preuve de sa conscience de sa détresse et de sa recherche d’aide.
Antécédents médicaux
Selon la défense, dans les trois mois précédant le drame, Lindsay Clancy aurait été suivie par cinq médecins et aurait reçu 15 prescriptions de médicaments psychiatriques. Elle a également été hospitalisée à deux reprises pour des troubles psychiques. Ses avocats affirment qu’elle souffrait d’insomnies, d’anxiété profonde et de pensées suicidaires, et qu’elle avait exprimé à son mari sa peur de faire du mal à ses enfants. Dix-neuf jours après sa sortie d’un établissement psychiatrique, ses enfants sont décédés.
La responsabilité pénale en question
La défense soutient que les notes de Clancy témoignent d’un état mental en détérioration malgré ses demandes d’aide. Son ancien mari a également rapporté qu’une semaine après les faits, elle lui avait dit avoir entendu une voix masculine lui ordonnant de tuer les enfants.
L’accusation, quant à elle, argue que Lindsay Clancy avait planifié son acte en demandant à son mari de sortir pour acheter un médicament et récupérer un repas. Les procureurs rappellent que la présence d’une maladie mentale ne justifie pas nécessairement une absence de responsabilité pénale. Si elle est reconnue coupable, elle risque la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle.
Psychose puerpérale : un risque sous-estimé
La psychose du post-partum, qui touche une à deux femmes sur 1 000 après un accouchement, peut engendrer des hallucinations, des idées délirantes et une forte anxiété. Elle est souvent confondue avec le baby blues ou la dépression post-partum, mais constitue une urgence psychiatrique.
En cas d’hallucinations ou de danger immédiat après une naissance, il est recommandé de contacter les services d’urgence ou le numéro national de prévention du suicide.
Source : Parents.fr


